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  • : Ceux qui participent à ce bulletin d'échange se battent contre le système capitaliste et pour le socialisme. Ce blog est un outil de débat, d'analyse et de confrontation pour avancer vers l'unité d'action et idéologique des communistes.
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Mercredi 6 décembre 2006

KE DE GAMBERGE POUR UN ANNIVERSAIRE !

        Le 7 novembre dernier, à l’appel de jeunes militant-e-s Marxistes léninistes (organisé-e-s ou non dans la J.C.), a eu lieu une soirée commémorative du 89ème anniversaire de la Révolution d’Octobre 1917 (qui, comme son nom ne l’indique pas a eu lieu en novembre de notre calendrier !!!).

C’est à cette occasion que nous nous sommes retrouvé-e-s une vingtaine venue d’horizons différents (militant-e-s syndical, militant-e-s communistes ou militant-e-s non organisé-e-s) pour fêter l’évènement et discuter des perspectives militantes actuelles.

Les murs de la salle de réunion étaient décorés par de grands tableaux d’expositions qui retraçaient l’histoire de la révolution ( bientôt en brochure).   C’est à partir de cette expo que nous avons commencé-e-s à débattre. Comme nous avons trouvé cette discussion intéressante nous avons voulu en faire un article. 

Plusieurs sujets ont été abordés notamment les questions des émeutes de banlieues, des luttes et des perceptives qui s’offrent à nous ainsi que la nécessité de l’organisation et du lien avec les masses. 

Nous avons tous en tête les révoltes qui ont embrasé les quartiers populaires en novembre 2006. Ces révoltes nous paraissent à tous l’expression légitime de la colère de la jeunesse ouvrière, reléguée par le système dans des ghettos et condamnée à la précarité. Pourtant, nous avons tous constaté l’absence de direction politique de ce mouvement. Quand la jeunesse s’est mise en marche, nous n’avons pas su nous faire reconnaître d’elle et nous mettre en tête du mouvement pour le diriger vers des cibles concrètes.

            En attendant, tout ce que nous avons su faire, c’est de rester aux côtés des gamin-e-s qui se battaient ... C’est toujours mieux que beaucoup d’organisations d’extrême-gauche qui se contentaient de les marquer à la culotte, quand ils ne leurs couraient pas au cul en leur faisant de grands gestes autoritaires pour qu’ils restent  en arrière. Nous sommes restés inaudible quand les loups hurlaient contre la jeunesse. Nous n’avons pas su apporter ce que les bolcheviques ont apporté aux masses en lutte en Octobre 1917 : une organisation prête pour la baston, capable de nouer des alliances et d’unir la majorité contre l’ennemi commun. Du coup, le mouvement est resté défensif, il n’a pas su dégager de perspectives et s’attaquer au mal à la racine - ce que Karl Marx appelait la radicalité...

 

            Ces réflexions nous ont conduit à un intéressant débat : notre tâche de militant-e-s est-elle d’aller partout où ça bouge ? Non seulement dans les manifs, les grève, les émeutes mais aussi au P.C.F., pour y faire entendre notre voix jusque dans les conseils municipaux. Là dessus les organisateur-trice-s de la réunion ne sont pas trop d’accord, échaudé-e-s qu’il-elle-s  sont par leur expérience infructueuse sur ce terrain. Ce n’est pas tout de faire entendre sa voix, encore faut-il trouver des gens pour vous écouter. La plupart des élu-e-s du P.C.F. ne leur ont jamais accordé qu’une oreille distraite, préférant écouter la voix du ventre et retourner à la soupe. Il faut dire qu’ils sont dépendants du bon vouloir du P.S. pour conserver leur poste... Ils n’ont aucune envie de retourner à l’usine - pour ceux qui savent faire autre chose que de la politique - et évitent de faire des folies. Quand le maire de Lyon a sanctionné une élue communiste intègre qui avait osé manifester pour le peuple libanais, ils se sont tou-te-s écrasé-e-s.

Quand à s’en remettre totalement à la spontanéité des masses et à se contenter de servir de force d’appoint aux mouvements spontanés, les militant-e-s organisateur-trice-s en sont également revenu-e-s. Il vaut mieux soutenir un mouvement à 100% que dix mouvements à 10%. Il n’est pas correct de se barrer sans assurer le service après-vente quand arrive le retour de bâton.

Pour autant, peut-on tout ramener à la question du/de la leader-euse ? La question s’est posée de l’absence d’un-e leader-euse de l’envergure de Lénine. Pourtant, la révolution d’Octobre n’est pas sortie toute armée du cerveau de Lénine. La situation était révolutionnaire en Russie : les ouvrier-ère-s voulaient du pain, les paysan-ne-s voulaient la terre, les soldats voulaient la paix. Le mérite de Lénine est d’avoir su faire converger toutes ces révoltes en un seul courant invincible qui a brisé la digue de l’ancienne société. Un-e dirigeant-e ne saurait créer seul-e une situation révolutionnaire, mais une situation révolutionnaire ne saurait déboucher sur une Révolution sans éléments dirigeants. La meilleure des terres ne saurait donner de fruit si on ne l’ensemence pas. La situation révolutionnaire permet aux meilleur-e-s militant-e-s révolutionnaires de mûrir et aux bavard-e-s inconséquent-e-s de pourrir sur pied. La question est moins d’attendre un/une leader-euse mais de devenir tou-te-s des éléments dirigeants capables de se montrer dignes de la confiance des masses et de mener à bien les luttes dans lesquelles nous sommes engagés.

C’est cette présence sur le terrain des luttes quotidiennes qui crée la crédibilité des militant-e-s révolutionnaires. Un-e militant-e communiste doit rester en lien avec les quartiers populaires. C’est en apprenant des masses, en y vivant, en ayant des activités militantes et associatives, en aidant les femmes avec des poussettes à descendre du bus, c’est en étant présent dans les quartiers que nous aurons de la crédibilité auprès des classes populaires.  Certain-e-s participant-e-s ont parlé de leur activité dans un quartier de Vienne.  Une expérience à approfondir et à développer. 

- Publié dans : Les jeunes marxistes-léninistes
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Mercredi 6 décembre 2006

Les communistes authentiques face aux élections

 

            La première chose à dire sur les élections est que celles-ci bien sûr, ne sont pas « démocratiques ». Quelle que soit la « majorité » ou « l’opposition », les lois sont toujours l’émanation de la classe capitaliste. Les politiciens, les castes de hauts fonctionnaires, ne sont pas sélectionnés par élections : ce sont leurs réseaux, leurs pratiques, leur famille, leur richesses, leur origine de grandes écoles, etc. qui les autorise à gravir les échelons, que ce soit par mandat électif et/ou par nomination. L’administration a sa propre dynamique, ses propres habitudes, quelle que soit la « majorité » en place. Les lois ne sont que l’émanation d’un rapport de force où les capitalistes dominent le pouvoir politique. La campagne électorale est une sorte de rituel servant à éprouver le « présidentiable », présélectionné par les capitalistes, et à le départager de ses principaux challengers. Les médias se chargent de tout mettre en scène.

 

            Normalement, les militants communistes ne sont pas partisans du boycott des élections. Cela n’a rien avoir avec une quelconque illusion sur leur caractère « démocratique ». Mais « le suffrage universel est l’indicateur de la conscience de classe », ainsi que le répétait Lénine. Les élections peuvent nous servir de tribune, de moyen pour le prolétariat de prendre conscience de sa force. Mais, personnellement, le spectacle de la campagne ne me donne pas envie de voter.

 

Le « Grand rassemblement antilibéral » dont personne jusqu’à présent n’a été capable de m’expliquer le programme, est une alliance d’appareils empêtrée dans des batailles bureaucratiques pour savoir qui va imposer son candidat aux autres. Il n’est pas exclu qu’il bénéficie d’une certaine dynamique dans les élections. Mais ses idées sont réformistes. En fait, ce « rassemblement » n’apporte rien que le Parti socialiste n’apporte pas déjà. Ses dirigeants ont beau critiquer le PS autant qu’ils peuvent, plus ils recevront de voix, et plus ils devront s’exercer à gérer les institutions, et plus ils seront en définitive phagocités par le PS… à moins que ceux qui ne sont pas d’accord ne fassent éclater ce rassemblement ! Leur propre force, s’ils en ont, se retournera donc forcément contre eux.

 

Quant aux candidats potentiels se revendiquant « communistes » : si le PC se présente seul, il fera un score négligeable. La LCR ne vise que la petite bourgeoisie intellectuelle. LO, au moins, aura un discours à l’appartenance de classe légèrement plus marqué. Mais, conformément à ses idées trotskistes, elle ne constituera jamais une direction révolutionnaire : elle reste attentiste vis-à-vis de la gauche officielle, et se situe toujours par rapport à elle (dans le but de constituer une sorte de « front unique » avec cette dernière). Persuadée qu’elle est que nous sommes dans une « période de recul », cette organisation ne prendra jamais aucune initiative.

 

S’il y avait dans cette élections un réel candidat communiste, apte à rassembler autour de lui la classe ouvrière, la jeunesse, les quartiers populaires, les précaires, pour remettre en question la légitimité politique de la dictature capitaliste, alors oui, il faudrait voter pour ce candidat. Mais aujourd’hui que fait l’extrême gauche ? Elle essaye péniblement d’occuper un vide, le vide laissé par l’absence d’un réel Parti communiste en France. L’extrême gauche, opportuniste, est là pour amuser le terrain. Elle meuble. Parce que quand le chat n’est pas là, les souris dansent !

 

Le duel Royal – Sarkozy est ce que tout le monde attend. Sarkozy a été imposé comme le « candidat naturel » de la droite, et Royal comme « la seule capable de battre Sarkozy ». Sarkozy va engager le débat sur des questions de fond pour nous amener sur un terrain toujours plus réactionnaire, il veut la « rupture ». Royal, elle, même si elle ne répugne pas à le suivre sur ce terrain, privilégie son « image » sur ses idées. Ce duel-gauche droite représente la stabilité des institutions, mais, en même temps, la physionomie des deux protagonistes est un symptôme de l’usure politique des institutions. Un raz-de-marée PS n’est pas à exclure totalement. Mais, à l’heure de la politique spectacle retenant la moindre phrase pour ou contre celui qui l’a prononcé, Sarkozy restera égal à lui-même, tandis que Royal a toute ses chances de commettre une ou plusieurs de ces « gaffes » dont elle a le secret. Comme pour les législatives allemande ou italienne, de même que pour les présidentielles américaines, le scrutin pourrait être très serré, voire même, pourquoi pas, litigieux.

 

            Mais il faut envisager comme possible la présence de Le Pen au second tour. La possibilité d’un candidat gaulliste (Chirac ? Villepin ? Alliot-Marie ?), étant possible il est concevable que Sarkozy soit évincé dés le premier tour. Personnellement je n’y crois pas trop. Car Sarkozy représente sur le plan politique et idéologique la force la plus apte à gouverner, et il semblerait illogique qu’elle ne fût pas du second tour. De même, Ségolène Royal pourrait aisément « trébucher », disqualifiée elle aussi dés le premier tour, avant de disparaître du devant de la scène aussi vite qu’elle est apparue.

 

            En cas de duel Royal-Le Pen, toute la « gôche » se déplacerait comme un seul homme pour voter Royal. Le Pen ferait un très bon score car il pourrait récupérer une partie du suffrage sarkozyste. Les manifestations anti-Le Pen seraient alors fortement marquées et contrôlées par cette gauche officielle que nous rejetons. Par contre en cas de duel Sarkozy-Le Pen au second tour, on peut tabler sur une explosion sociale dans la jeunesse et les quartiers populaires entre les deux tours. Il faudra alors se battre pour l’annulation des élections. Chose que la gauche officielle, qui approuve le système « démocratique » actuel, sera réticente à faire. Le discours des militants révolutionnaire sera de bâtir pendant les deux semaines de l’entre-deux tour un mouvement national contre ces élections, et le système politique actuel pris dans leur ensemble, puis d’empêcher le second tour d’avoir lieu par tous les moyens. Plus facile à dire qu’à faire ! Pourtant, faire une révolution socialiste en France sera encore plus difficile. Il faut donc savoir ce que l’on veut et s’en donner les moyens ! Il en va de notre responsabilité.

 

Au premier tour, les communistes authentiques seront obligés de participer à la campagne sans avoir de candidat. Le rôle de cette campagne sera de se trouver mieux armé pour affronter la suite. Nous avons une arme : la mobilisation pourrait être un « candidat » inattendu de ces élections. Des attaques comme la loi sur la prévention de la délinquance, les décrets issus de la Commission Hetzel sur l’Université (prévoyant notamment d’ouvrir la porte à la sélection à l’entrée des universités), peuvent nous y aider. Aujourd’hui, les réformistes de différentes obédiences ne veulent rien faire pour favoriser une mobilisation qui risquerait de court-circuiter les élections. Si une lutte s’engage, ce sera sans eux, voire contre eux. Mais, de fait, les élections politiseront la mobilisation en l’amenant immédiatement à poser la question du pouvoir. Le rejet des principaux partis en formera une composante essentielle

 

Samy Dichy

Par Samy Dichy, futur ex-membre du PCF - Publié dans : tactique communiste
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Mercredi 6 décembre 2006

« Ce n’est pas leur conscience qui détermine

leur existence sociale mais c’est leur existence sociale

qui détermine leur conscience. »

K. Marx

 

 

Les étudiants en droit et la grève

 

J’ai tenté de démontrer par cet article combien il est nécessaire d’étudier avec rigueur les différents milieux connus pour leur caractère repoussant et leur nature politique oppositionnelle vis-à-vis de la nôtre, et ce dans le dessein d’en tirer meilleure profit lors les prochaines luttes à mener, lesquelles sont très proches.

 

Lorsqu’un mouvement est lancé dans une université, ce qui s’avère le plus redoutable pour mobiliser est incontestablement la fac de droit ou plutôt les étudiants juristes. Hélas, cette complexité est partout présente. Mais sommes nous déjà interroger à ce sujet ? Cela peut paraître autant une banalité qu’il ne faut négliger la question soulevé au départ de chaque initiative mobilisatrice.

Si l’on devait recueillir l’opinion des « gauchistes » sur la problématique relevée, on remarquerait très vite la montée de préjugés insignifiants, repoussants, ancrés, et dogmatiques. Les étudiants en droit pris dans leur ensemble seraient traités de « bourgeois », « fascistes », « fils à papa », etc., et feraient ainsi l’objet d’un amalgame regrettable car de nature à empêcher implicitement toute mobilisation large voire éventuellement fructueuse. L’on pourrait peut-être éviter à l’inverse l’accroissement du camp des opposants ou anti-grévistes (cf. le développement progressif et rapide du C.L.E à Lyon).

Mieux vaut prévenir que guérir ? Non, mieux vaut guérir que prévenir, dirais-je.     

 

1- La grève aux portes de la fac : une confrontation réelle

  

Je voudrais tout d’abord relater une scène, qui s’est produite lors de la grève contre la loi sur « l’égalité des chances » et le CNE dans la fac de droit de l’université Lyon 2, pour pouvoir établir une analyse concrète des enjeux et du rôle déterminant des formations intellectuelles et ce, afin de dévoiler le système de reproduction sociale à travers l’enseignement supérieur et notamment en Droit.

 

En effet, la grève a démarré par le blocage partiel du campus Portes des Alpes à Bron puis s’est étendu progressivement et délicatement sur l’autre campus, celui des quais : là où se situe les départements de droit, science politique, économie, lettres, ...

L’événement le plus marquant quant à notre étude fut la première occupation de l’amphithéâtre Laprade, lieu qui symbolise hautement le conservatisme bourgeois attaché aux grandes valeurs du droit (la fresque murale à l’intérieur peut en témoigner). Cette entreprise d’occupation à l’initiative des anarchistes, ne se souciant point des décisions prises le jour même par l’assemblée générale seule souveraine - au moins en principe -, fut décidée et consolidée la nuit. Prenant compte du déroulement des événements j’ai été contraint de soutenir cette démarche car il n’était plus possible de revenir en arrière. A savoir que la méthode des grévistes consistait en l’interruption volontaire des cours dans le cadre de débrayages légitimement approuvés et effectivement appliquée les jours précédant. Je n’évoquerai pas ici la portée du travail d’information suivie d’un appel au ralliement, fait auparavant à Laprade, qui d’ailleurs se solda par un échec dû au désintérêt total des quelques juristes alors présents (très attentifs au cours mais du reste indifférents à tout ce que lui extérieur).   

Bref, lorsque les étudiants, ayant cours le lendemain matin, se sont pointés devant le bâtiment en question, ou plutôt la forteresse devrais-je dire, leur réaction fut plus ou moins prévisible (encore qu’elle ait suscitée l’étonnement pour ma part) à l’instant même où ils découvraient leur domaine assiégé.  Stupéfaction, frustration, mais surtout mépris et colère matérialisée par les cris et la volonté ferme de démonter les barricades construites la veille au soir. C’est ainsi que l’on pourrait décrire la confrontation des « deuxième année de licence de droit » avec les bloqueurs, -rappelons-le - anarchistes dans leur plus grande majorité. Les tentatives de pénétrer de force dans l’enceinte du bâtiment par l’entrée bloquée furent suivies à l’intérieur d’échanges virulents de paroles qui ne ressemblaient guère à des débats et surtout pas à des négociations. Tous exprimaient ni plus ni moins leur intention sans relâches de suivre leur cours respectif, outils de leur réussite future, honorable et digne de ce nom.

Cependant, certains ou certaines d’entre eux donnèrent leur avis sur les revendications mais en refusant obstinément d’adhérer à l’esprit de la grève et du blocage. Je parle là des pseudos réfractaires du CPE car il serait tout à fait absurde d’attendre quelconque espoir des ennemis du mouvement (ennemis du peuple ?).

Ce qui peut paraître surprenant pour les « gauchistes » et non pour les matérialistes conscients, c’est que des étudiants (-es) en droit, minoritaires toutefois, (je reviendrais sur leur nombre par une explication) ont bel et bien participé à la grève en répondant présent aux AG, dans les quelles ils ont pris part en intervenant favorablement, ainsi que dans les nombreuses manifestations en dépit de leur nature parfois aventuriste ou de leur caractère anarchique (cf. quelques manifs illégales inorganisées). 

 

Alors donc, il y aurait des contradictions au sein même des étudiants en droit pris dans leur ensemble. Tous ne seraient pas issus de la bourgeoisie.

 

Qui sont les personnes étudiant le droit et lesquelles peut-on rallier à nos luttes ?

 

En réponse à la première partie de la question, il serait judicieux d’un point de vue politique et sociologique d’établir une analyse qui repose sur la détermination objective des appartenances de classe pour ainsi élucider les rapports sociaux au sein même des universités ; rapports que nous avons tendance à négliger.

 

2- La bourgeoisie à travers le Droit

 

Historiquement, en matière d’enseignement pratiqué à l’université, le Droit fait partie de ces filières qui répondent à l’élitisme fortement développé dans les sociétés capitalistes, aussi bien occidentales qu’orientales. En effet, les débouchés professionnels en la matière sont hautement valorisés (à titre honorifique, nous appelons un avocat : maître). Outre leur nature satisfaisant le système juridictionnel tant défendu (« impartialité », « indépendance ») et à fortiori le droit bourgeois (sacro-sainte propriété privée de valeur constitutionnelle, ordre public bourgeois, législation du travail garantissant la suprématie du capital spoliateur,...), les fonctions au sein de la justice permettent aux personnes qui les exercent de les qualifier de notables, traditionnellement parlant. Les notables ont nécessairement une position supérieure dans la hiérarchie sociale : ils sont les élites. Certes, la bourgeoisie a donc tout naturellement sa place dans ce domaine. Nul doute à ce sujet.

Une autre approche plus intelligible conviendrait à dire : puisque les bourgeois* tiennent à préserver l’infrastructure économique qui repose historiquement (en succession aux rapports économiques régissant la société féodale) sur les rapports de production et d’échange capitalistes, ils ne peuvent inéluctablement que prendre possession du contrôle de la superstructure mise en forme par l’appareil d’Etat et ses composantes : la justice, la police, l’armée, etc., et de son orientation politico-stratégique. En ce qui concerne le droit, Engels confirme en 1888 que «les normes du droit bourgeois ne sont que l’expression juridique des conditions d’existence économiques de la société. »*8

Par contre, se pose un problème de qualification tenant à l’appartenance de classes ; à savoir : les professions libérales relevant du domine juridique sont en outre des petits bourgeois, au même titre que les universitaires praticiens. Il y a dès lors ambiguïté car si un bourgeois ou un enfant de bourgeois devient petit bourgeois, aura-t-il chuté dans l’échelle sociale ? Non, il sera petit bourgeois mais portera les moeurs bourgeois, il en est imprégné, et son origine ne le quittera pas. Mais si pour autant sa situation se dégrade eu égard aux fluctuations, dépérissements de toutes sortes engendrés par le système capitaliste, son approche de la lutte des classes changera s’il consent tout au plus à nos idées. Je ne dis pas qu’il y aura prolétarisation de la bourgeoisie, idée absurde et purement utopique ; de même pour ce qui s’agit de la conciliation de classes antagonistes sur une base consensuelle, qui plus est, équitable. Mais cela dit la petite bourgeoisie n’est pas notre ennemie et nous devons tant que celle-ci ne s’élève point contre la classe ouvrière, entretenir des liens étroits de fraternité et de solidarité. Ce qui oppose indistinctement la petite bourgeoisie du prolétariat ne relève pas de rapports antagoniques. C’est bien la bourgeoisie qu’il faut renverser à jamais en alliant la petite bourgeoisie à nos côtés à fin d’en sortir victorieux.

« Mais il n’y a pas que des bourgeois ou des petits bourgeois, il  y a aussi des travailleurs, des salariés dans les instances étatiques représentatives » me direz-vous en prenant l’exemple des Conseils de prud’hommes, caisses de sécurité sociales, conseils économiques sociales (instances consultatives), etc. Cela est bien vrai mais partie intégrante de la démocratie bourgeoise ou pseudo-démocratie, elles ne sont ni plus ni moins que des structures réactionnaires. Oui, les travailleurs ont un rôle à y jouer et ce, tant que les masses y verrons un intérêt à court et à moyen terme mais je m’écarterai du sujet (ce que par ailleurs je suis en train faire) si je me mettais à expliquer la nécessité de leur présence selon mon point de vue.

Par ailleurs, il n’y a qu’à jeter un coup d’oeil sur les rémunérations perçues par les divers «  représentants de classe »...

Bref, nous venons ainsi de faire une analyse politique quant à la place occupée par la bourgeoisie dans le domaine du droit.

 

3- Un élan plutôt contestataire à l’égard des mouvements

 

Pour en revenir à notre sujet, les composantes de la filière Droit sont réparties majoritairement du côté de la bourgeoisie. (Serait-ce là un pur fait du hasard ou un élément révélateur exploitable que de voir Pierre Bouzin, le fascisant commandant de l’UNI, en droit à Lyon 2 ?) Ces éléments sont donc voués à étudier dans les conditions qui leurs sont imposées de par leur statut au sein de la société, en jouissant bien évidemment d’une aisance matérielle et financière dont les autres étudiants émanant des classes socialement inférieures ne peuvent profiter.

En effet, s’il y en a qui en possèdent voire excessivement, c’est que d’autre en sont forcément privés. C’est la logique du capitalisme : le travail accumulé (capital) vit et se nourrit du travail vivant au détriment de celui-ci et ce, dans des proportions révoltantes.

Il s’agit là d’un regard objectif et non subjectif. Ce que j’avance ici vise l’ensemble des étudiants originaires des classes bourgeoises. Comme je l’ai fait remarqué plus haut, certains militent même dans des organisations politiques et syndicales de droite ou de droite extrême (je me permets d’employer le vocabulaire d’un camarade de Limoges). Ainsi, je n’invente rien !

 

Comment ces étudiants se positionnent-ils  par rapport aux grèves envisagées pour la défense de nos droits constamment bafoués ? Ils sont généralement hostiles auxdites grèves. Il en est parmi eux qui diffusent des idées suscitant d’avantage notre colère. Pour exemple, le syndicat UNI colle des affiches sur lesquelles ont peut lire : « Stop la grève ! ».

J’en profite également pour faire appel à votre conscience en évoquant le fait suivant : Pendant la grève contre le CPE, les anti-bloqueurs ont tiré et distribué des tracts appelant à en finir avec cette grève mais l’aberration la plus extrême se situe sur le plan financier. Les auteurs de cet acte infâme disposaient du soutien de la COREP. Que dire de ceci ? A chacun son camp. La luttes des classes, nous étudiants, ne là vivons-nous pas dans les facs ?

 

Outre les organisés, le reste ne semble pas manifester sa désapprobation tout au moins verbalement ou directement. Quelle importance pour eux ? Ils sont là pour étudier et rien d’autre. L’intégrité de leur reproduction sociale ne se trouve point atteint tant les pouvoirs politiques sont compétents pour user de la répression féroce aux fins de briser les révoltes qui prennent d’avantage de l’ampleur, et tant de droite comme de  « gauche » garantissent à leur classes le maintient du système tel qu’il est.

Nous trouvons parmi ceux-là, ceux qui ont pour vocation de rejoindre l’appareil judiciaire répressif en orientant leurs études dans cette voie.

De plus, pour ces mêmes ennemis de la cause, un éventuel échec scolaire n’équivaut pas une totale défaite car ils trouvent des refuges que sont par exemple : les études privés ou des secteurs d’activités dont ils acquiert la maîtrise même partielle soit-elle.

 

Gare à vous dirai-je, votre règne n’est pas éternel !

 

Viens le moment où les révoltés, partisans de l’opposition massive, investissent leur lieu de formation intellectuelle. C’est alors qu’ils enlèvent leurs masques de modeste bien élevé et agissent parfois avec violence que témoignent leurs propos ; tout comme le patron qui, lorsqu’il saisit le regard et l’intention des ouvriers bientôt prêt pas à un soulèvement pour réclamer leur part du profit qu’ils ont eux-mêmes générée par leur travail, s’écrie : « Hep là, bas les mains, touche pas mon pain ! » Le pain dont il est question ici n’est de toute évidence guère semblable à celui que possèdent ses subordonnés, en nombre et en valeur.

Il en est ainsi des bourgeois qui, soit dit en passant, postulent le plus souvent dans les universités dites de « prestige » telle que Lyon 3. A la grande ignorance de certains gens, il s’y trouve dans cet établissement des enfants de prolétaires voire même des militants d’extrême gauche courageux. Cela est aussi une contradiction. Ne les oublions pas !

 

4- Une approche généralement favorable quant à aux autres classes

 

Prenons maintenant en considération les éléments issus de la petite bourgeoisie et du prolétariat. S’agissant des derniers, ils sont hélas numériquement inférieur mais fort heureusement ils ne partagent pas les mêmes intérêts que ceux décris précédemment (au moins socialement).

Quelles sont donc leurs attentes vis-à-vis de ces études qu’ils poussent le plus souvent avec peine ? Ceux-là veulent prendre part à l’activité juridique en passant par le commerce, l’économie, les services, etc. Ont-ils les mêmes moyens que les bourgeois d’y parvenir ? Intellectuels oui, mais il y a des facteurs qui changent la donne telle la pression psychologique due à la pression familiale et extérieure, mais surtout l’insuffisance économique.

 

Pour ce qui est des petits bourgeois, il en est qui suivent la ligne générationnelle (ex : enfants d’avocats, huissiers, etc.) mais regardent d’un autre oeil les mouvements sociaux. Ils y sont même favorables, sans vouloir généraliser, tant ils s’aperçoivent de la dégradation continuelle des conditions de vie, laquelle est formalisée par une atteinte aux droits et libertés individuelles et collectives. Ces droits mêmes auxquels les pouvoirs politiques confortés par les hautes juridictions ôtent leur aspect intangible tel qu’il ressort dans les gros livres de couleur rouge et de nature quasiment sacrée voire ecclésiastique dans certains domaines (ex : en droit civil, il persiste l’influence des valeurs judéo-chrétiennes).

Les petits bourgeois sont en outre partagés mais il me semble qu’une bonne partie n’est pas si opposante voire nuisible. En effet, eux aussi sont là aux fins d’études dont l’aboutissement souhaité est le début d’une belle carrière avec notamment l’espoir de se constituer un patrimoine respectable.

Si nous devions nous pencher de plus près, nous remarquerions la chose suivante : il en est tout de même qui souhaitent oeuvrer dans des activités sociales inscrit dans un cadre juridique. Ceux-là ont un attrait pour les soulèvements « à juste titre ». Je conçois qu’il est effectivement dangereux de parler de la justesse d’un mouvement social mais comprenez que je me positionne vis-à-vis des pensées dominantes en la matière. Je ne tiens pas à subjectiviser l’opinion petite-bourgeoise en la conformant à la mienne.

Or, nombreux sont ceux qui, en dépit de leur attachement au « social », refusent de prendre part aux initiatives qui risquerait certainement de les déjouer de ce à quoi ils ont consacré une partie de leur vie ou plutôt une partie de leur jeunesse. Eh oui, c’est un investissement dans le temps...

Voyez à Lyon 2, « les anti-grève » ou plutôt les opposants aux suspensions de cours étaient tellement nombreux sous le drapeau de « la liberté d’étudier »*4 qu’il parut difficile de différencier les véritables « ennemis de fond. » Cette explication est assez complexe mais je me garde pour autant de faire des ennemis nos amis, pour ceux et celles qui ne saisiraient pas le sens de cette vue objective.

A noter que l’individualisme n’est guère exclu dans la façon de penser et d’agir de la bourgeoisie et petite-bourgeoise. C’est effectivement un facteur important.

Bref, sans trop étendre le champ de mes réflexions, je me contente de cibler la meilleure partie de la petite bourgeoise que l’on trouve en droit en vue de les appeler à se joindre à nous avec pour objectif  à long terme: l’union révolutionnaire. « C’est là un appel presque religieux qui tend vers le ridicule ! » me direz-vous. En effet, ce peut être ridicule mais en appelant les potentiels adhérents aux luttes menés contre la politique de la bourgeoisie, je fais surtout appel aux organisations*3 politiques et syndicales (les organisations de masses), qui se sont engagés dans le travail de conscientisation et de soulèvements des masses. Je fais appel à leur bon sens dans l’esprit du marxisme-léninisme pour qu’elles se tournent vers tous les milieux de la société, dans les écoles, les quartiers populaires, les usines et partout ailleurs où naît une lueur d’espoir. Ainsi, le devoir d’information/diffusion (propagande) et le travail d’échanges d’idées dans le cadre de débats contradictoires ne devraient pas connaître de limites prédéfinies suivant des préjugés vicieux qu’il est bon de laisser aux « gauchistes ».

 

Reste la question des enfants de prolétaires qui ont su ouvrir les portes des universités, longtemps restées inaccessibles*5, avec une conviction pure et une détermination indéniable. N’oublions pas que dans leur grande majorité, beaucoup suivent des parcours professionnels qui limitent très tôt leur scolarité. Ils se voient ainsi dans l’obligation de travailler très jeunes.

Concernant l’enseignement supérieur, on compte au jour d’aujourd’hui des personnes qui viennent à abandonner leurs études pour conditions matérielles inadaptées (insuffisance financière).  C’est une des causes de leur présence dans les facs dans des proportions plus ou moins faible ; quand bien même un certain nombre d’entre eux sont contraints par la force des choses de fournir une activité professionnelle épuisante en dehors du temps consacré aux études pour combler le manque, ou concrètement : subvenir à leur besoins vitaux et/ou pédagogiques*7. Ceux-là seraient donc « semi-prolétaires » et sans aucun doute surexploités car occupant des postes faiblement rémunérés (Cf. fast-foods). 

Bref, ces enfants de « prolos » (cette expression me rappelle combien Bernard Thibaud plait à se présenter médiatiquement comme « fils de prolos » : ironie ou bonne foi ?), si l’on se réfère au clichés, n’intègrent que les classes des filières jugées « faciles » et à la portée de tout un chacun. Il s’agit notamment de la : sociologie, psychologie, etc. Cette approche manifestement erronée et propre aux bourgeois exclut les classes socialement inférieures des autres domaines, au moins dans son esprit. Malgré la sous-estime des « grands gens » les enfants des milieux défavorisés parviennent tant bien que mal à atteindre parfois des niveaux considérables dans l’échelle sociale. Là n’est pas la question.

Pour en revenir aux études en droit, lesdits enfants de prolos conscients de la misère en général optent pour cette voie dans le dessein de combattre par les moyens légaux tout ce qui ressort de l’injustice, et ce dans toutes les branches du droit. Néanmoins, il serait hypocrite de ne pas évoquer l’attachement à l’honneur*1 (élément abstrait qui permet la « glorification »*2 d’une personne ou d’un groupe de personne auquel elle est rattachée) ainsi qu’à l’espérance d’une vie meilleure, d’un avenir radieux concrétisé par des revenus abondants. On ne peut plus vraisemblable car les métiers du Droit présentent un appât financier aux yeux de ceux qui se lancent dans cette voie.

On pourrait dire aussi que c’est la ligne suivi selon la volonté des parents qui s’exprimeraient ainsi : « Va mon enfant, ne connais pas les mêmes difficultés que nous dans la vie. » Hélas, malheureux, si l’on pouvait s’en sortir par les études il y a quelques décennies, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Le contexte socio-économique est tel que la priorité ne doit plus être la recherche en vain de solutions individualistes de dernier recours, mais la défense et la contre-offensive (flux et reflux) face à des gouvernements de plus en plus réactionnaires oeuvrant comme toujours au service du patronat.

Tenant compte du climat hostile qui règne dans le monde et notamment entre les puissances économiques (les impérialismes), nous ne pouvons que combattre internationalement et sans relâche le capitalisme pour une vie meilleure sous un régime communiste dans lequel la paix est sans limites.

Certes, nous avons besoin nous autres du droit bourgeois tant que celui-ci nous permet de mener des offensives internes en usant de la loi à plus forte raison. Pour ainsi dire, nous ne pouvons manquer dans nos rangs de praticiens du droit dévoués à la cause prolétarienne.

Je ne dis pas que les études supérieures sont entreprises et poussées en vain. Je n’ai de toute manière aucune légitimité pour le faire.

Par ailleurs, je n’ai nul besoin de dire que les enfants de prolétaires sont bien pour la plupart ceux qui livrent toute leur force, de par leur bonne volonté, quant à la construction d’un mouvement ou pour la continuité de celui-ci lorsqu’il est engagé. J’entends bien pour la plupart car quoiqu’il en soit, beaucoup ont assimilés les pensées bourgeoises et de surcroît petites bourgeoises pour se les approprier tant bien que mal.

Nul ne tient à se distinguer ouvertement lorsqu’on intègre un tel milieu.

 

5- Un devoir sérieux et permanent : la logique révolutionnaire

 

Ainsi et pour finir, les étudiants (-es) justement organisés (-es)*6 ont le devoir de rassembler au sein des universités tous ceux et toutes celles qui se disent prêt à combattre les injustices sociales ainsi que la marche constante vers la destruction des droit et garanties sociales programmée à l’échelle mondiale et dans le seul but de satisfaire les profiteurs du capitalisme, les capitalistes eux-mêmes.

Outre les intéressés, ils [les organisés] ne peuvent que continuer à démarcher (idéologiquement) les indécis même dans les facs de droits. Ils doivent donc se diriger du côté du prolétariat et de la petite bourgeoisie « consentante » : pour éviter toute désillusion à court terme !

La marche pour « l’éveil  idéologique » est une longue marche. Il faut donc aller au devant de toutes difficultés et en premier lieu, au devant des plus grandes.

Soyez prêts camarades et tenez bon ! Soyons prêts et répondons !

 

Finalement en quoi se résume cette étude sur les conditions des étudiants en droit et l’approche qu’ils ont de la grève ?

Elle se résume en ceci : les luttes sociales et politiques, devant être menées avec abnégation, doivent cependant être conduites sur une ligne de masse. Il faut donc déterminer les composantes de classes, les positionner analytiquement dans le contexte actuel, pour pouvoir définir celles susceptibles de se rallier à la cause. Pour ce faire, l’on doit se rapprocher des masses, être là où elles sont sans négliger un quartier même si ce dernier est réputé être un des fiefs du conservatisme.

 

 

Notes :

 

* : Ici et dans l’ensemble du texte, le mot bourgeois est employé au sens marxiste-léniniste du terme.

*1 : L’honneur et la fierté ne sont pas des caractères honteux ou susceptibles de trahir une détermination révolutionnaire, dans un sens objectif. A condition toutefois qu’ils ne prennent une tournure néfaste.

*2 : Ici le sens du terme glorification s’entend par l’élévation d’un fait ou d’un statut dans le seul but de créer ou affermir des contradictions existantes au sein du peuple et des classes, à proprement parler. Il s’agit donc de la glorification bourgeoise admise dans l’esprit des masses laborieuses.

Nous ne pouvons changer les idées, traditions, coutumes, moeurs avant d’avoir transformé, dans la voie du socialisme, le mode de production capitaliste (infrastructure) et corrélativement celui de la reproduction sociale, voire même longtemps après. A noter que : l’idéologie dominante, donc celles des classes dominantes, puise sa source au sein même du système de production à un moment donné de l’histoire.

*3 : Je me suis volontairement abstenu de traiter la question du Parti dans cet article. Par ailleurs, le PCF ne remplissant guère son rôle avant-gardiste et dénaturant de fait l’esprit révolutionnaire je n’y fait point allusion.

*4 : La liberté ainsi évoquée n’a aucun rapport avec la liberté telle qu’on l’entend. Il s’agit là du mot d’ordre des anti-grévistes.

*5 : Globalement les études supérieures sont longtemps restées un privilège souvent mis au second plan par rapport au travail, au regard du prolétariat. Nous remontons à quelques décennies en arrières, abstraction faite de quelques personnalités qualifiées qui furent diplômées aux époques considérées. Aujourd’hui en France, l’accès aux universités de même que la poursuite des études pour les plus défavorisés ou autres sont constamment remis en cause, et ce en conformité à la politique de l’éducation imposée par l’Union Européenne (ex : réforme LMD-ECTS).

*6 : En sont inexorablement exclus les social-traîtres, constamment en quête d’avantages tirés à des fins opportunistes.

*7 : Les bourses de l’enseignement supérieur attribuées par l’Etat au titre d’aide sociale (bourses sur critères sociaux) ne suffisent nullement à couvrir, dans la plupart des cas, l’ensemble des charges incombant à l’étudiant qui de fait se trouve confronté à la précarité.

*8 : Friedrich Engels, Ludwig Feuerbach et la fin de la philosophie classique allemande, Editions sociales, 1966, p 76.

 

 

Devrim Güney

Par Un étudiant - Publié dans : Les luttes et nous
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Mercredi 6 décembre 2006

 

En marche vers l’unité……..

 

 

Les attaques de la bourgeoisie sont sans précédent ces derniers mois et vont aller en s’accélérant au rythme « des  mutations de la société moderne, de la mondialisation ». Il n’y a  plus un seul aspect de nos vies qui n’est pas touché (prix du logement, sécurité sociale, santé, salaire emploi, garde des enfants, sans papiers et loi contre leur soi disant insécurité, universités bientôt si chères qu’elles seront inabordables pour les enfant s des prolétaires, répression farouche de tous ceux qui veulent défendre leurs intérêts , guerre et interventions de plus en plus nombreuses pour tenter d’écraser les révoltes et les peuples Cote d’Ivoire ou pour partager les gâteaux dans les autres pays comme en Afghanistan, en Irak ou au Liban, la mal bouffe, la destruction de la planète et toutes les formes de culture populaire,etc.,)

Et ce ne sont pas les élections en préparation qui vont arrêter ce mouvement. Si nous excluons les candidats de droite et ceux qui se disent de gauche mais qui ne sont  là que pour faire passer la pilule aux salariés (en espérant qu’ils acceptent sans broncher) fussent ils une femme ; ce n’est pas  le ou la candidate d’une nouvelle gauche (qui connaissent que le libéralisme et  ses méfaits ou de « l’ultra libéralisme »  mais jamais du capitalisme. Et si tout simplement  il était possible de le réaménager avec justice et équité !!!) qui pourra apporter une réelle réponse aux problèmes que nous rencontrons  Quel triste cirque que nous offre tous ces numéros, destinés à nous faire accepter l’inacceptable : notre exploitation.

 

La bourgeoisie s’organise pour défendre ses intérêts, et ses divisions ne sont que partielles et dans tous les cas elle se réunissent sur l’essentiel : se faire du fric en exploitant au maximum les ouvriers et les peuples des pays du monde. Si leurs divergences sont parfois sérieuses, elles n’en sont pas moins secondaires souvent face aux révoltes des peuples : l’Histoire de la Commune de Paris nous l’a bien appris !! Et toutes les luttes actuelles nous le démontrent  (tentative d’alliance entre l’Iran et les USA par exemple).

 

 Et  en face dans notre propre camp  où en sommes nous ?

  Partout dans le monde et en France en particulier il y a  des luttes, des résistances. Regardons ce qui s’est passé cette année dans notre pays. Il y a à la fois de quoi être fier des résistances multiples importantes comme la lutte contre le CPE pour parler des dernières, mais aussi des résistances quotidiennes contre les attaques sans cesse plus fortes  de la bourgeoisie au pouvoir  dans les Ardennes actuellement et aussi les jeunes et les sans papiers. Mais toujours en définitive en dernier ressort ce sont les réformistes qui imposent leurs lois, leurs conceptions et leurs analyses (qui a négocié et imposé ses positions au moment du CPE ? qui discute avec les autorités sur les sans papiers ou bien sur la situation dans les banlieues ? Alors pourquoi n’avons-nous pas plus de forces, plus de capacités à nous organiser à mettre en place les outils d’organisations et de réflexions qui nous sont indispensable pour gagner ?

 

Nous n’avons pas d’organisation ce cadre collectif dans lequel on pourrait développer une alternative politique révolutionnaire, en fait un parti.

·   Au vu des erreurs et des graves échecs passés, nombre d’entre nous refusent, rejettent, se cachent derrière des luttes sectorielles (sans papiers, syndicalisme dans son travail, lutte contre la répression..) répondant une nécessité immédiate  donnant des résultats immédiats et tangibles et nous prémunissent pensent-ils des défauts reprochés à la forme d’organisation supérieure comme un parti.

·     D’autres conscients de l’implosion du PCF veulent très rapidement en reconstruire un, faisant ainsi l’économie d’un travail d’analyse en profondeur des raisons des cuisant échecs aussi bien au niveau de la ligne politique que des formes d’organisations  qui ont suivies et qui sont un tel repoussoir pour de si nombreux camarades.

·         Et ceux qui continuent et cherchent dans le sens de reconstruire un parti sont une multitude de groupes plus ou moins nombreux, plus ou moins organisés qui restent sur leur superbe pureté de ligne dédaignant les autres ! 

·          Nous sommes divisés !! 

 Sur quoi ? Pourquoi ?  Comment dépasser cela et marcher vers une unité qui permettra de passer de la résistance à l’offensive, puis de l’offensive à la victoire de notre camp de nos intérêts, et par la même des intérêts  des peuples du monde. 

 Nous sommes divisés, sur des choses importantes comme nos analyses de l’histoire , de la philosophie , des analyses des bourgeoisies, sur les chemins à suivre pour gagner, sur une société future que nous voulons construire. Mais nous entretenir dans cette division  me parait être une trahison des luttes actuelles et nos intérêts  fondamentaux  en France et dans le monde voire de survie de notre humanité. Nous espérons que la conscience de la nécessité de l’unité va permettre de la réaliser.

Seulement il ne suffit pas de répéter cela comme une incantation encore faut-il prendre la tache à bras le corps et commencer pour arriver un jour à cette unité en espérant que ce jour ne soit pas trop lointain !!

 

 Le LIEN aujourd’hui que vous êtes entrain de lire est une forme entre autre de cheminement vers l’unité. C’est pour cette raison que nous écrivons dans ce bulletin. Il  existe d’autres tentatives d’unité et nous nous en félicitons. Nous apprenons la création d’un comité national pour l’unification du mouvement communiste en France en cette fin octobre 2006.

 Nous devons avant tout nous délimiter et exposer nos  quelques points indiscutables pour pouvoir nous rapprocher.

  1. Si l’on s’accorde sur le fait que « seul le prolétariat est une classe vraiment révolutionnaire » (Marx manifeste du parti communiste), nous devons aussi définir notre ennemi principal et pour nous c’est notre propre impérialisme.
  2. L’organisation que nous voulons construire demain doit aussi faire vivre l’histoire. Etre à la fois une mémoire et une transmission des luttes passées. Faire vivre l’histoire c’est  en tirer les leçons, les positions que nous avançons aujourd’hui ne surgissent pas du néant, nous devons apporter notre contribution à cette histoire. On ne peut pas faire table rase de notre passé des ses échecs, ses difficultés (Lénine, Staline) ou nier une partie de l’histoire du communisme dans le monde  en niant la révolution en Chine par exemple. Ce serait liquider une expérience précieuse et recommencer des erreurs déjà commises.
  3.  Nous devons aussi étudier l’économie actuelle en partant de la théorie marxiste et analyser les nouveaux éléments de la société industrielle mondiale le capitalisme sous sa forme la plus libérale aujourd’hui,  pour avoir une analyse plus juste et plus pertinente dans nos mots d’ordres et nos combats.
  4. IL faut s’appuyer sur  la philosophie matérialiste en essayant de l’appliquer aux situations actuelles !

Quelles perspectives enthousiasmantes n’est ce pas ?

 

Nous devons chercher réellement l’unité,  cette unité c’est aussi admettre que nous avons des contradictions entre nous  cependant nous ne sommes pas des ennemis ; nous devons chercher à travailler ensemble chaque fois que c’est possible et par ailleurs débattre avec le plus d’ouverture possible même si nous restons sur des positions différentes sur d’autres sujets. La polémique est nécessaire pour la construction d’un mouvement vers la création d’un parti communiste, et il faut considérer celle-ci comme une source de vie et d’avancée.

 Nous chercherons à mener des luttes ensemble partout où cela est possible particulièrement dans les entreprises et dans les quartiers populaires  les universités et nous unir dans ces luttes en même temps que nous apprendrons de ces mouvements.

 

 Gardons nous du sectarisme, ennemi mortel dans nos rangs et donc allié objectif de nos ennemis

 

 

A chacun de décider s’il veut rentrer dans cette démarche et commencer par participer à ces échanges entre autre au niveau de ce journal Le LIEN, comme nous le ferons avec d’autres si c’est possible.

 

Une militante ML

 

 

 

 

- Publié dans : Vers un parti marxiste-léniniste
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Mardi 5 décembre 2006

Pour une organisation de jeunesse communiste marxiste-léniniste!

 

Cette année, la jeunesse a fait parler d'elle: celle qui a participé aux émeutes de novembre 2005 et celle du mouvement anti-CPE trois mois plus tard.

Alors que s'exprime une énergie puissante, la critique du capitalisme a du mal à se faire vraiment radicale. Force est de constater que si de nombreux jeunes participent volontiers aux grèves et aux manifs, peu s'organisent politiquement, et même peu développent une critique radicale du capitalisme. Et ce ne sont pas les différentes organisations de jeunesses existantes qui vont les y pousser: toutes flattent la mobilisation sans chercher à aller beaucoup plus loin, à remettre en cause le système capitaliste lui-même, dans sa réalité et dans ses fondements.

Aucune organisation nationale de jeunesse ne milite concrètement pour développer les forces dans un but révolutionnaire.

Alors que de nombreux jeunes sont en recherche d'un moyen de concrétiser leur révolte, aucune organisation de jeunesse ne veut les organiser dans un tel but. Et ceux qui le veulent n'en ont pas encore acquis la capacité.

  

Sur la JC (MJCF)
 

On pourrait parler des différentes organisations présentes lors des mouvements de jeunesse, mais la JC est la seule à être structurée nationalement avec plusieurs milliers d'adhérents.

La JC a été présente dans les cortèges lors du mouvement contre le CPE et en est sortie renforcée numériquement: 15 nouvelles fédérations se sont montées pendant ce mouvement.

Mais malgré le nom communiste qu'elle porte, les objectifs de cette organisation ne sont pas révolutionnaires.

La réalité c'est que la JC n'est rien d'autre que l'arrière-cour, la réserve du PCF. Toute position du PCF sera celle de la JC.

Elle est dirigée par des bureaucrates, cooptés pour leur fidélité, qui espèrent avoir un avenir dans le PCF ou à défaut dans les conseils généraux ou régionaux. La prétendue autonomie de la JC vis-à-vis du PCF ne résiste pas longtemps lorsque les élections arrivent ou lorsqu'il s'agit de prendre des décisions courageuses. Toute position contraire à celle du PCF sera immanquablement écartée.

Sur le terrain cela se traduit par des campagnes chauvines et réformistes: militer pour que la position française soit entendue à l'ONU, militer pour une "Europe sociale"…; voire à soutenir des revendications carrément réactionnaires comme "l'allocation d'autonomie étudiante".

Cela se traduit aussi par un attentisme ahurissant lors d'évènement importants comme les émeutes ou le déroulement de la mobilisation contre le CPE;  par des campagnes opportunistes et sans aucun intérêt comme par exemple militer pour que les jeunes s'inscrivent sur les listes électorales, pour réaliser "l'émeute électorale"

 

Si la JC a connu dernièrement une poussée de ses effectifs, cela montre un potentiel dans la jeunesse, potentiel pour le moment gâché qui se retrouve à la JC par défaut.

Ce potentiel de militants n'est d'ailleurs pas mis en mouvement. Lors des émeutes ou lors du CPE cette organisation n'a pas poussé ses adhérents à jouer le moindre rôle, si ce n'est distribuer des tracts ou coller des affiches n'apportant rien de plus au mouvement que ce qu'apportaient d'autres organisations réformistes, tant du point de vue pratique qu'idéologique.

Un militant sérieux et à fortiori sincèrement révolutionnaire se trouve rapidement en froid avec cette structure.

C'est pourquoi certains militants membres ou non de la JC encore dernièrement, après des années d'opposition interne sans résultat flagrant, font le constat que la JC ne sera jamais une organisation de jeunesse communiste sauf à la sortir de l'orbite du PCF, ce qui reviendrait de fait a la dissoudre et à créer une nouvelle organisation, tant le financement et l'idéologie actuels de la JC dépendent à 100% du PCF.


Agir pour la création d'une nouvelle organisation !

 

Nous avons besoin d'une organisation de jeunesse communiste, c'est indéniable. Or cette organisation ne peut pas être la JC et tant pis si certains ont cru, ou croient encore pouvoir, faire de cette organisation, complètement assujettie au PCF, une organisation de jeunesse révolutionnaire. Cela est impossible.

Forts de ce constat, tous les jeunes communistes marxistes-léninistes doivent s'engager résolument vers l'unité.

Pour être efficace, une organisation de jeunesse communiste doit s'engager pour:


- la lutte contre le capitalisme avec ce que cela implique: le refus implacable et sans compromission de l'impérialisme, y compris et surtout de l'impérialisme français, du chauvinisme, fut-il dit "social".

- lutte de masse pour rassembler et unir contre le racisme, le sexisme, l'homophobie, le sectarisme religieux et toute autres pratiques et idées qui freinent l'unité des masses.

- l'internationalisme prolétarien et pas la démission pour la diplomatie d'Etat (appel tous azimut à l'ONU, à l'UE pour "régler" les conflits…)

- lutter pour le socialisme et pour la dictature du prolétariat, étape indispensable du capitalisme au communisme.

- œuvrer à la création d' un parti communiste en France.

 

Ces fondements vont de pair avec une certaine pratique: l'organisation de jeunesse doit être vivante dans la jeunesse. Cela signifie avoir l'objectif de rassembler et d'organiser massivement la jeunesse ouvrière, précaire, des quartiers, les lycéens et une partie importante des étudiants.

Les organiser massivement, pour les former massivement et pour diffuser massivement le marxisme-léninisme. Une organisation de jeunesse communiste est une organisation singulière qui doit porter le même niveau d'exigence idéologique que le parti, c'est-à-dire militer sur la base d'une idéologie prolétarienne conséquente, donc marxiste-léniniste; organiser et diriger les luttes de la jeunesse, se donnant donc pour objectif de jouer un rôle d'avant-garde. Elle doit être capable de se subordonner les autres organisations de masse, par le rôle qu'y jouent les jeunes communistes.

Mais organisation de jeunesse, et non parti politique, elle garde un aspect d'organisation de masse qui lui confère d'autres modalité de militantisme, d'adhésion, de pratiques, etc.

Elle doit accueillir les jeunes sans autre condition d'adhésion que la volonté de lutter contre le capitalisme, contre l'injustice sociale. C'est à l'organisation ensuite de former l'adhérent pour lui donner les moyen d'être un militant communiste. Elle ne doit pas tomber dans les travers du sectarisme et doit avoir une pratique de masse.

Elle doit fonctionner sur la base du centralisme démocratique, qui est la seule forme d'organisation interne qui puisse permettre d'atteindre un quelconque objectif.

Les forces actuelles de la jeunesse marxiste-léniniste sont constituées de militants isolés, dans ou à l'extérieur de la JC, de militants déjà organisés dans des organisation de jeunesses communistes ML (par exemple à Albi) et de jeunes militants dans des groupes marxistes-léninistes.

Les militants vraiment communistes au sein et en marge de la JC ne seront efficaces que dans leur propre organisation bâtie pour leurs objectifs révolutionnaires.

Ils doivent donc désormais en sortir, sur ces bases et construire une nouvelle organisation, tendant la main aux autres jeunes ml avec l'objectif final d'une structuration nationale. Tendre la main aussi aux jeunes organisés dans des groupes marxistes-léninistes quelque soient les positions de ces groupes et leur ligne de démarcation, et ce dans une volonté d'unité idéologique des communistes et d'unité d'action dans la pratique.

Il ne s'agit pas de crier "unité à tous prix" mais d'avancer progressivement, sans brûler les étapes, vers la création d'une véritable organisation de jeunesse communiste et d'un véritable parti communiste en France.

Tel doit être l'objectif prioritaire des jeunes communistes en France.

 

A.J.

Par AJ - Publié dans : Organisation de jeunesse
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