Présentation

  • : le blog le-lien
  • le-lien
  • : Politique
  • : Ceux qui participent à ce bulletin d'échange se battent contre le système capitaliste et pour le socialisme. Ce blog est un outil de débat, d'analyse et de confrontation pour avancer vers l'unité d'action et idéologique des communistes.
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil
  • Contact

Publicité

Lundi 25 septembre 2006

REFLEXIONS AUTOUR DE LA LUTTE CONTRE LE

CPE/CNE/PRECARITE.

 

            Depuis la fin du mois de janvier les étudiants ont initié un mouvement d'une grande ampleur. Au dires de tous, une telle implication dans un mouvement de contestation d'une réforme, un tel niveau de lutte n'avaient pas été atteints depuis 1994 et le CIP de Balladur, voire même dans certains endroits depuis 1968.

            Ce mouvement de grève contre le Contrat Première Embauche, contre la totalité de la dite Loi sur l'égalité des chances, contre le CNE et plus largement contre la précarité en général, se traduit en effet, par la grève, l'occupation des universités des actions coup de poing visant les symboles de l'Etat, les voies de transport, les locaux du patronat et les symboles de l'économie capitaliste.

            Elle se traduit aussi dans sa démarche par un refus (de la part des étudiants et lycéens ) du corporatisme et une volonté affirmée du tous ensemble, de la grève générale illimitée pour la satisfaction des revendications.


Une difficulté : se mettre en grève

Mais chaque militant est confronté à une réalité: la difficulté de transformer cette volonté en acte. Les militants révolutionnaires, bien qu'ils s'investissent dans le mouvement ne sont pas maîtres de celui- ci. Sinon la grève serait générale depuis un bon moment.

            Chez les étudiants, alors que la situation était mûre depuis plusieurs jours, l'UNEF (officine syndicale du PS ) n'a appelé aux blocages que lorsque ceux-ci étaient soit effectifs soit inévitables. Jusque là la position aura été de considérer que les assemblées générales, les manifs et les tracts se suffisaient à eux-mêmes.

            Or, chaque étudiant en a désormais fait l'expérience, c'est le fait de bloquer et d'occuper l'université qui a fait qu'un nombre important d'étudiants jusque là passifs nous ont rejoins dans la lutte. Un mouvement qui veut réussir doit donc créer les conditions d'un bouleversement de l'ordinaire.

On ne peut pas se mobiliser avec assez d'ampleur tout en continuant à aller en cours et à permettre aux casseurs de grève d'aller en cours. De la même façon, on n’obtiendra pas satisfaction si la situation est à la normale dans les usines, c'est- à-dire si la production continue.

 

C'est pour cette raison que les étudiants ne veulent pas rester dans leur ghetto universitaire. Ils décident souvent d'aller au devant des travailleurs en allant à leur rencontre dans les usines ou dans les quartiers. Des diffs de tracts signés par des AG étudiantes ont été effectuées par exemple à RVI, Bosch, Rhodia, Brand… La FSE a lancé un appel à la jeunesse des banlieues pour les inciter à s'organiser et à participer aux AG de ville.

Cette volonté d'une lutte générale est un signe réel de la remise en cause, non d'une politique partielle (visant les jeunes ou les étudiants) mais d'une politique globale qui s'attaque à l'ensemble du prolétariat.

Après l'occupation des facs et des lycées, les journées d'action et de grèves marquées par de bonnes participations, l'étape ne peut être autre que la grève générale illimitée.

 

C'est ici que les problèmes se posent. En effet, les plus mobilisés sont les étudiants et les lycéens. En tant qu'étudiants nous pouvons lancer des appels aux salariés, distribuer des tracts devant les entreprises, participer à des assemblées générales unitaires… mais nous n'avons pas de leçon à donner aux travailleurs.

 

La responsabilité de la décision de la grève appartient aux travailleurs eux-mêmes mais aussi, et surtout, à leurs syndicats, et en premier lieu à la C GT.

Or quelle frilosité!

La première des difficultés c'est que bien souvent il n'y a pas de syndicat dans l'entreprise et que le poids idéologique de la classe bourgeoise fait que la possibilité que ça aille mieux n'est pas entrevue. C'est là un effet de la force de l'idéologie dominante.

Pourtant, chacun entrevoit que le CNE et le CPE constituent des attaques contre le code du travail et représentent une menace réelle sur le CDI lui-même. C'est l'ensemble du prolétariat qui est directement touché. De même chacun pressent que se situation s'est dégradée, se dégrade, ou se dégradera.

Pourtant les directions syndicales parlent d'abord de mouvement étudiant, voir même de mouvement de génération (plutôt que d'une lutte de classe).

Maryse Dumas de la C GT déclare ensuite que ce n'est pas aux confédérations d'appeler à la grève mais aux travailleurs dans chacun e des boites! Bel exemple d'utilisation d'un discours pseudo-démocratique pour se dégager de ses responsabilités!

Enfin, la question de l'unité syndicale doit être remise en cause lorsque 6 directions syndicales se rangent derrière le point de vue défendu par la seule CFDT refusant d'appeler à la grève le jeudi 23 mars, alors même que la Coordination nationale étudiante appelait à une manif centrale à Paris ce jour même, et ce derrière le prétexte de ne pas masquer la grève des travailleurs de GDF !

 

A la faiblesse du syndicalisme dans la majorité des secteurs s'ajoute donc la frilosité des

syndicats.

Cette frilosité à des raisons:

- D'abord les syndicats sont conscients de leur faiblesse. Ils ne partent donc pas, ce qui est compréhensible, au combat sans un minimum de garantie sur la possible mobilisation des travailleurs.

- Ensuite, ils ont peur d'être débordés dans la mobilisation par des travailleurs qui remettraient en cause leur direction.

- Enfin il semble très clair que certains dirigeants syndicaux s'insèrent complètement dans la logique de l'alternance et sont prêts à vendre tout mouvement pour attendre les échéances électorales de 2007.


Une autre : bien la mener

Et cela va en s'empirant. En effet, au fil des années la capacité à mobiliser diminue. Le mouvement des retraites en 2003 était parti bien plus rapidement que celui sur le CPE et le CNE.

La conduite des derniers mouvements peut là encore être une des causes des difficultés à se mettre en grève. En effet la tactique des journées d'action isolées, se caractérisant par des arrêts de travail de quelques heures le temps d'une manif, sans reconduction bien sûr, a maintes fois prouvé son caractère largement insuffisant dans le rapport de force et épuisant pour les grévistes.

 

De nombreux salariés hésitent désormais à perdre une journée de salaire pour une perspective aussi réduite.

S'arrêter obstinément au milieu du chemin c'est laisser l'autre partie du chemin libre à la bourgeoisie. Et c'est être certains que la prochaine fois on aura milles difficultés supplémentaires à se défendre.

Les centrales syndicales doivent donc, mesurant et tenant compte des possibilités réelles, toujours tenir leurs responsabilités et s'engager dans une attitude offensive pouvant mener à la victoire, ce qui passe nécessairement par l'objectif de la construction d'une grève générale illimitée.

 

La direction du mouvement

Parmi les réformistes, on retrouve aussi les opportunistes: ainsi, pour prendre l'exemple de l'UNEF, un double discours est constamment employé. Dans les AG ils se rangent sur la grève générale, l'occupation et l'élargissement des revendications au CNE et à la loi sur l'égalité des Chances (LEC ). Dans les intersyndicales, ils signent des appels creux, qui ne parlent que du CPE et surtout de rien d'autre, ne pèsent pas pour un appel clair à la grève générale.

Ce style opportuniste est caractéristique des directions réformistes et capitulardes: il consiste à sauver la face là où on est débordé et à tomber le masque la où se situe la direction effective du mouvement.

Ici, où est la direction du mouvement?

Théoriquement la direction c'est la Coordination nationale, seule structure démocratique, qui réunit chaque semaine les délégués élus et mandatés des facs et lycées mobilisés. Elle s'est doté de 16 porte-paroles. Mais en réalité, la direction est assumée par les grands syndicats puisque c'est vers eux que les regards se tournent pour la suite du mouvement.

On assiste donc à la rivalité entre deux directions:

L'une réformiste qui n'assume pas ses responsabilités et cherche un compromis avec le gouvernement ou les députés sur la seule question du C P E.

L'autre, qui vise, avec bien des difficultés, à diriger démocratiquement la lutte dans un sens d'élargissement de celle -ci à la précarité et l'exploitation en général et reconnue par toutes les AG.


La question du pouvoir…

Ce mouvement pose d'ores et déjà des questions politiques. Dont une centrale: celle du pouvoir.

En effet, le Medef reste le seul soutien du gouvernement. La collusion entre l'Etat et le patronat devient évidente pour un nombre de gens toujours plus important. Dans le même temps la répression augmente. Nous sommes majoritaires, les patrons sont minoritaires. Pourtant nous ne sommes rien et ils sont tout. Devant cette situation aussi claire, beaucoup sont amené à se poser la question du pouvoir, c'est-à-dire des moyens à mettre en oeuvre pour battre la bourgeoisie.

Car effectivement que voulons-nous? Simplement nous battre contre une réforme ou contre un système qui organise notre exploitation? Doit-on lutter et conserver le capitalisme ou doit-on lutter pour s'en débarrasser?

Doit-on s'arrêter à lutter contre le CPE ou doit-on, en mettant le doigt sur l'essence de la crise (l'antagonisme des classes ) faire grossir cette crise jusqu'à la révolution?

 

Les sociaux-démocrates et autres opportunistes ne remettent pas en cause le pouvoir actuel, celui de la bourgeoisie. Ils remettent en cause le gouvernement, s'offusquent que celui-ci n'est pas démocratique car il utilise le 49-3, mettent en avant des arguments démocratistes bourgeois (par exemple Chirac ne doit pas faire le politique qu'il fait car il a été aussi élu avec des voix de gauche ). Ils s'efforcent de limiter nos forces à la protestation, à une bataille d'opinion publique dans le but que la gauche remporte les élections en 2007. Ils critiquent que les patrons aient tout le pouvoir, mais pas qu'ils existent.

Le pouvoir bourgeois, le système capitaliste ne sont pas remis en cause.

 

Les anarchistes, eux, sont dans la négation du pouvoir. Ils rejettent le pouvoir bourgeois, de même que tout autre pouvoir. Même si un militant révolutionnaire a de la sympathie pour les anarchistes car ceux -ci ne s'obstinent pas à l'attentisme et veulent agir, ces derniers en s'opposant à tout pouvoir conduisent les masses à l'impuissance, en refusant de fait un pouvoir prolétarien, car pouvoir tout de même.

 

La troisième façon de poser la question du pouvoir c'est-à-dire le renversement de l'Etat bourgeois est l'édification d'un autre Etat, prolétarien, par la Dictature du prolétariat n'est elle pas posée explicitement, ou trop peu.

 

Ces façons différentes de poser la question du pouvoir, trahissent des objectifs politiques différents. Ainsi, pour les réformistes et les opportunistes, le bout du mouvement c'est les élections de 2007. Leur tactique est donc d'avoir un mouvement contre un projet de la droite qui représente la précarité. Que l'on gagne ou non, le but du mouvement est la victoire électorale. Le résultat n'est rien d'autre que le détournement de la potentielle contestation du système vers le renforcement de la démocratie bourgeoise.

Pour les révolutionnaires, le mouvement est la matérialisation de la crise. C'est la manifestation que les intérêts des classes sont inconciliables, que le gouvernement et que toute sa machine étatique n'est là que pour nous contenir, que l'on ne gagne pas seulement par des idées mais par la force. Dans une lutte de classe les révolutionnaires s' efforcent de montrer que la lutte mise en oeuvre contre une réforme devrait être mise en oeuvre contre tout le système capitaliste, qu'il est la cause de l'exploitation et qu'il faut donc s'en débarrasser. Notre but est d'élargir la crise et de la transformer en révolution.


… Et donc celle du parti.

Si ce mouvement pose la question du pouvoir, certes encore de façon très inconsciente pour la plupart des grévistes, il pose, pour nous militants, de façon urgente celle du parti. En effet, la question de la direction du mouvement est cruciale pour son caractère victorieux et porteur d'avenir. Si la direction est réformiste, elle conduira inexorablement le mouvement vers la défaite ou vers une victoire partielle à cours terme.

L'esprit anti-capitaliste du mouvement sera trahi par un arrêt brutal de la mobilisation et une réorientation opportuniste, électoraliste des éléments que la direction aura apprivoisés.

A l'inverse, si la direction est révolutionnaire, c'est-à-dire si ses éléments sont issu d'un parti révolutionnaire et agissent dans l'esprit de ce parti, elle mènera plus certainement le mouvement vers la victoire, car elle n e s'entêtera pas dans des compromis foireux ni dans des tactiques opportunistes. La défaite à cours terme serait au bout de la lutte, qu'elle ne ferait que renforcer notre camp.

Or ce parti révolutionnaire est à construire. Nous n'avons pas en France de véritable parti remettant complètement en cause le système capitaliste, oeuvrant pour le socialisme et apte à diriger une quelconque lutte d'ampleur nationale.

Il faut un parti marxiste-léniniste pour diriger notre lutte. Voilà ce à quoi nous devons nous atteler.

 

Eric

Par ES - Publié dans : Les luttes et nous
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 25 septembre 2006

LES TACHES D'ORGANISATION DES REVOLUTIONNAIRES

 


La fatalité, l'éternité du capitalisme ne sont pas des idées qui peuvent dominer longtemps les prolétaires, car l'impuissance de la bourgeoisie à les nourrir, et à les faire vivre fait qu'ils n'ont pas d'autres choix que de conquérir le pouvoir, pour vivre ne serait-ce que de prendre aux bourgeois ce qu'ils leur volent.

 

L'impuissance à ce jour n'est que le constat de l'erreur de s'en être remis jusque là qu'à la "gauche" pour améliorer leur sort.

 

Les réformistes de tous ordres ont toujours brandi "leur réalisme": "une autre politique est possible" pour détourner la classe ouvrière des "utopies révolutionnaires".

 

Cela a marché cahin-cahat tant que le capital pouvait distribuer des miettes.

 

Pour eux, "ce n'est pas la voiture qui est foutue, mais un jour la roue est crevée, l'autre jour il faut changer l'huile, une autre fois refaire une pièce... Il ne faut surtout pas globaliser en trouvant une cause commune aux problèmes différents que l'on rencontre" ; cette cause commune, c'est le système capitaliste. C'est à la cause commune qu'il faut s'attaquer et non aux problèmes particuliers de chacun. Et il devient alors évident pour tous que ce "réalisme" là ne résoud rien, ni la précarité qui s'accroît, ni le prix des loyers qui augmentent et qui vont faire que des bidonvilles se reconstituent, ni ceux des systèmes de santé qui font que l'on est de plus en plus mal soigné, etc. De désarroi, de nombreux salariés placés face à ces constats qui les obligent à ne plus se contenter d'être une clientèle électorale, devront se prendre en mains et s'engager personnellement dans la lutte collective, mais qu'il va falloir se prendre en mains et

participer personnellement à la lutte collective.

 

C'est pourquoi à nouveau le BESOIN d'une nouvelle organisation de communistes mûrit et va s'amplifier.

 

Le pire et le plus dangereux serait de l'empêcher de se concrétiser en invoquant mille "dangers", ou "raisons", ou excuses (secte groupusculaire, épouvantail stalinien ou maintien d'un vieille organisation au nom de l'histoire), pour travailler à reconstruire cette organisation.

 

Savoir s'unir c'est aussi savoir se délimiter.

 

La délimitation exclut à la fois:

 

- ceux qui nient ou récusent la nécessité d'une organisation spéciale et centralisée de communistes

 

- ceux qui se réclament plus ou moins des partis de gauche en niant leur caractère 100% bourgeois et la nécessité de les combattre sans compromis.

 

L'union se réalisera sur un minimum:

 

- lutter contre son impérialisme, son Etat, contre le nationalisme et le protectionnisme

 

- pour l'abolition de la propriété privée

 

- pour l'abolition des classes

 

- pour l'internationalisme des peuples et l'unité des luttes dans le monde

 

- pour l'internationalisme des peuples et l'unité des luttes dans le monde

 

- pour la dictature du prolétariat

 

Cette union devra se réaliser en s'organisant et en s'éduquant. L'organisation dont on a besoin pour toutes ces tâches peut être définie comme une "avant-garde" au sens d'un détachement de personnes qui avance en premier, qui éclaire la voie, qui la défriche pour préparer et faciliter l'avancée du gros des troupes. Ses membres sont réellement les plus actifs, les plus déterminés, les plus conscients de la marche et des fins générales du mouvement ouvrier.

 

La lutte contre le système capitaliste dans son ensemble dépasse largement la simple expérience du vécu quotidien des prolétaires. Elle nécessite une organisation spéciale à la fois "cerveau collectif" appréhendant cette totalité et avant-garde combattante pour mettre en oeuvre les analyses et les corriger par la pratique.

 

"Les individus isolés (ou groupes d'individus) ne forment une classe que pour autant qu'ils doivent mener une lutte commune contre une autre classe, pour le reste ils se retrouvent ennemis dans la concurrence" (Karl Marx). La classe doit se créer dans la lutte et s'y (re)connaître.

 

Il est évident que les prolétaires ne reconnaîtront et n'accepterons le rôle du Parti que s'il est réellement un appui pour eux, que s'ils le vivent comme leur force, leur appartenant, que s'ils en sont écoutés, compris et respectés comme étant les acteurs de cette lutte. Ils ne veulent ni embrigadement, ni autorité bureaucratique mais seulement une autorité qui démultiplie leurs propres forces.

 

La forme d'organisation est trés importante: elle doit permettre de faciliter autant que les circonstances de la lutte le permettent l'expression des différentes postures, l'expression des postures minoritaires, l'initiative et la créativité de la base, ainsi que l'unification des forces révolutionnaires dans l'action, sans laquelle il n'est pas de victoire possible.

 

Mais si les formes sont importantes il ne faut pas croire qu'à elles seules elles peuvent résoudre les contradictions et les problèmes posés pour que le parti ne dégénère pas, mais il faut avoir conscience du problème du parti en tant que tel, son extériorité relative par rapport aux prolétaires. Cette extériorité est source d'une possible dégénérescence pouvant aller jusqu'à un possible antagonisme avec le prolétariat.

 

Or le parti n'a pas vocation à rester identique à lui même au cours de la lutte complexe du renversement du capitalisme. S'il remplit correctement ses tâches, s'il contribue à élever la conscience, le niveau des luttes, l'éducation, la liberté des prolétaires, il doit parallèlement s'effacer en tant qu'organisation séparée, tendre à fusionner avec le prolétariat, donc à disparaître, en même temps d'ailleurs que la prolétariat disparaît en tant que classe, ce à quoi s'opposent ceux qui défendent la fixité de la forme du parti comme un dogme, et qui cherchent à se poser par là même en nouveaux maîtres, au prétexte de défendre le rôle dirigeant du parti.

 

Vincent B
Par ES - Publié dans : Vers un parti marxiste-léniniste
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 25 septembre 2006

Le 33ème Congrès ou "le commencement de la fin"

 

Il y a déjà trois semaines se déroulait et se bouclait presque aussitôt le 33ème Congrès du Parti, 30 ans après celui qui vit notre Parti se défaire du concept léniniste par excellence de dictature du prolétariat, et 6 ans après les ravages sans nom du Congrès de Martigues où la peste huiste se déchaîna contre notre héritage tout entier, allant même jusqu'à faire disparaître des statuts toute référence aux cellules de quartiers pourtant la base de notre organisation militante et révolutionnaire.

 

Le 33ème Congrès a fait un pas de plus dans cette croisade ayant pour but de détruire de l'intérieur le Parti Communiste, seul véritable parti historiquement implanté au sein de la classe ouvrière et associé à toutes les conquêtes sociales dans notre pays au cours des 50 dernières années. Fini les histoires de "mutation", il est plutôt aujourd'hui question véritablement de "liquidation" pure et simple de notre parti même si les tenants de cette politique, de ce crime, préfèrent plaider pour que le PCF s'insère au sein d'un vaste mouvement anti-libéral regroupant toutes les forces de gauche, bref la dissolution du PC au sein d'un gigantesque "Linkspartei" à la française qui regrouperait des responsables compris dans un éventail allant du PRS jusqu'à une partie de la LCR en passant par le MRC dans sa partie potable (bref sans Chevènement) et même une grande majorité des Verts.

 

Ce regroupement signifierait concrètement la disparition de l'ultime parti ouvrier et de masse (135.000 adhérents malgré les multiples virages réformistes de nos dirigeants), se réclamant, au moins dans les mots, et même si cela est très discret, du communisme, mais pire encore, il permettrait aux révisionnistes, aux sociaux-démocrates et autres éléments douteux de droite tels la LCR d'infiltrer encore plus les rangs ouvriers que nous nous sommes promis de défendre et de libérer des aliénations portées et renforcées chaque jour un peu plus par le capitalisme et ses alliés objectifs.

 

La décision du Congrès de ne pas annoncer de candidature du PC lors de l'élection présidentielle de l'année prochaine, privilégiant plutôt une candidature unifiée anti-libérale, renvoyant ainsi l'ascenseur à la nébuleuse trotskyste de la LCR qui avait décidé lors de son Congrès il y a quelque mois de lancer un appel à la formation d'une candidature portant une alternative anti-libérale vers le deuxième tour qui semble être, pour ces révisionnistes rêvant d'une grande victoire selon les critères bourgeois, une fin absolue, le retour au jardin d'Eden, le bonheur absolu, du pain et des roses pour tous. Il ne s'agit plus pour eux, ainsi de renverser le capitalisme par l'insurrection prolétarienne mais bien aller de réforme en réforme afin de le remplacer petit à petit tel que le prescrivait encore dernièrement ce grand homme de gauche Michel Rocard.

 

Loin de s'opposer à cette dérive sociale-démocrate, nos dirigeants illuminés pensent y trouver une solution pour préserver leurs postes d'élus au sein d'une république anti-démocratique et agonisante, et par la même occasion, toute structure politique visant à construire un mouvement révolutionnaire permettant enfin de renverser le capitalisme, devant laisser place au socialisme, phase intermédiaire avant le communisme libérateur, serait liquidée.

 

Cette "fusion/liquidation" ne doit jamais avoir lieu et pour cela, une seule solution, ouvrir une bataille sans nom pour la propagation des théories marxistes-léninistes non seulement au sein du parti mais également, et surtout, hors du parti afin de préparer l'avènement d'un nouveau parti communiste où les éléments révisionnistes n'auront plus leur place face à la dictature des masses prolétariennes.

 

Sergueï

Par ES - Publié dans : sur le PCF
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Lundi 25 septembre 2006

Le P.C.F. a-t-il encore sa place en France ?

 

Fort de son histoire, de nombre d’adhérents, de son implantation et de son rayonnement, le P.C.F. est aujourd’hui en France le principal parti ouvrier. Pourtant, ses prises de positions son intégration à l’appareil d’Etat font de lui un parti révisionniste soumis à une dictature bourgeoise, un parti social-démocrate dont le but est d’amuser le terrain sous couvert de « luttes dans la rue et dans les urnes », pour finalement mieux se rallier la gauche plurielle. Le P.C.F. a donc aujourd’hui une double nature, l’une bourgeoise, l’autre ouvrière, qui s’affrontent en son sein.

Les dirigeants du PC souhaitent diriger leurs efforts de propagande vers les classes moyennes supérieures. Aux élections régionales, la liste conduite à Paris par Marie-George Buffet (un grand machin réformiste surnommé « gauche populaire et citoyenne »), a augmenté son score à Paris centre, et réduit son influence dans les fiefs ouvriers. Les maires communistes ont majoritairement opté pour la destruction des tours et la construction de HLM plus petits et plus chers, voire même une extension du parc privé.

Mais les classes moyennes supérieures, les intellectuels « démocratiques », s’ils voient d’un bon œil le P.C.F., ne votent pas pour lui. Ils ont trop peur des « chars soviétiques », craignent l’ancrage ouvrier propre au P.C.F. ainsi que son histoire. Perdant ses bases ouvrières, le P.C.F. ne gagna pas de nouveaux espaces. C’est l’enseignement des 3,37% de Robert Hue en 2002.

Le seul moyen trouvé par les tenants de la ligne révisionniste qui dirigent le P.C.F. est la liquidation de la structure, par exemple, dans une nouvelle structure réformiste, propre sur elle, avec les éléments petits bourgeois qui constituent l’altermondialisme politique.

Comment caractériser la situation actuelle du P.C.F. ?

Par la poursuite de son déclin organisationnel carabiné avec son intégration à la nébuleuses altermondialiste, également associée au « non de gauche », sans remettre en cause les anciennes compromissions avec la direction du P.S.

Grosso modo, deux types de positions s’affrontent actuellement au sein du P.C.F. : ceux qui veulent pérenniser la structure par la reconquête de l’ancrage ouvrier du parti, quitte à assumer une « traversée du désert » (selon le mot du très critiquable André Gérin), sur le plan des alliances avec d’autres forces, et les tenants de la direction qui sapent le travail militant.

Personnellement, j’ai fait au Congrès national du Parti l’intervention suivante :

 

Intervention au 33ème Congrès du Parti Communiste Français, dans le débat général sur le chapitre de la base commune de discussion intitulée "le Parti Communiste" (25 mars 2006):

 

"Sur la question du Parti:

Le mouvement des jeunes contre le C.P.E., dont je suis, est en partie l'expression d'attentes de plus en plus pressantes à l'égard des partis de gauche. Car force est de constater qu'aujourd'hui, il manque encore aux jeunes une issue politique sérieuse, crédible et motivante permettant d'abolir le capitalisme.

Dans le cadre du mouvement, les étudiants ont rejeté les tentatives de récupération social-démocrate. Les étudiants savent que les communistes sont à leurs côtés dans les luttes, ce qui est très important. Mais il reste à construire concrètement l'outil politique crédible du changement, et je ne suis pas en train de parler de 2007.

Je ne suis pas spontanéiste. C'est uniquement par un Parti Communiste révolutionnaire, puissant, indépendant, et à vocation de parti dirigeant de la révolte des classes laborieuses, que nous répondrons aux attentes de la jeunesse et construirons un avenir victorieux.

Comment construire ce Parti?

J'ai bien compris que nous attachons beaucoup d'importance au "rassemblement majoritaire", à la "diversité", à "l'union populaire", et c'est bien cette constante qui fait la force du Parti dans l'histoire.

Mais encore faut-il poser, avec la question de l'unité, la question du contenu de l'unité, ou bien nous tomberons dans la violation de l'unité au cri de "Vive l'Unité!". Je m'explique:

 

L'introduction du chapitre annonce:

 

"Quels changements sont nécessaires pour parvenir à conjuguer en pratique, rassemblement, action pour une transformation effective et action dans les institutions?"

 

Et de poursuivre:

 

"Quel outil politique nous faut-il pour être à la hauteur des enjeux?"

 

Comment peut-on construire quelque outil politique que ce soit sans poser la question du Parti en préalable à celle du rassemblement, plutôt que le contraire?

Comment prôner l'union sans associer l'union stratégique avec la lutte idéologique contre les idées (droitières ou gauchistes) qui caractérisent les autres forces?

Précisément, pour construire une visée crédible et motivante, nous devons nous doter d'un parti apte à reconquérir le monde ouvrier et les quartiers populaires, à entraîner la jeunesse radicalisée à nos côtés. Or, pour cela, nous devons mettre l'accent sur l'influence et le rayonnement de notre propre organisation plutôt que sur une hypothétique "dynamique populaire" qui n'a rien d'évident.

C'est au Parti Communiste et à lui tout seul qu'il revient de développer la ligne de masse majoritaire , en assumant son rôle dirigeant hors duquel il n'est point de salut. Ce rôle dirigeant doit s'appuyer avant tout sur les organisations de masse amies, syndicales, associatives, bien plus que sur d'hypothétiques alliés "antilibéraux" de toute évidence peu fiables.

Jusqu'à l'heure actuelle, les révolutionnaires conséquents ont eu bien raison de choisir le P.C.F., car, comme principal parti ouvrier, il était le mieux placé pour remplir ce rôle historique. Mais le P.C.F. n'est pas une fin en soi.

S'il se noie dans une alliance liquidatrice, s'il renonce à sa vocation de parti révolutionnaire à la hauteur de la demande populaire, s'il manque le coche, il ne sera plus jamais, de fait, le centre de gravité du mouvement populaire."

 

En fait, cette intervention pourrait donner lieu à deux erreurs que nous devons éviter :

          a/ l’idée qu’il n’existerait point de salut hors du P.C.F., ce qui est clairement FAUX

            b/ l’impasse sur le caractère social-démocrate de la ligne du parti.

           

Néanmoins, cette intervention exprime en terme clair la réalité de la problématique du P.C.F. S’il applique la politique décrite plus haut, y compris au prix de certains sacrifices, il pourrait certainement remonter la pente. Mais les difficultés croissantes de la dite « opposition interne » du P.C.F. face à la ligne Buffet ne doivent pas échapper à notre analyse, pas plus que l’attachement à la structure ne doit nous aveugler. Les structures vivent et meurent : la seule permanence, c’est le changement. Aux militants révolutionnaires qui sont dans le Parti, ne nous précipitons pas d’une manière définitive, soit vers la rupture, soit vers l’association complète avec le P.C.F., car nul ne sait de quoi demain sera fait. Mais la fin d’une structure ne doit pas nous prendre au dépourvu, nous surprendre ou nous laisser le bec dans l’eau, en proie à la démoralisation, à la dispersion, et à la dislocation de nos forces militantes, comme ce fut le cas au moment de la disparition du Parti Communiste Italien par exemple. Se concentrer sur le combat interne au Parti dans le seul but de le regagner comporte ce risque. Ce qui compte c’est de travailler le plus largement possible avec tous les militants communistes et révolutionnaire, notamment hors du Parti en vue de l’unité de volonté et d’action dont ceux-ci ont besoin.

 

Samy Dichy

Par ES - Publié dans : sur le PCF
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Lundi 25 septembre 2006

Ceux qui participent à ce bulletin d'échange se battent contre le système, oui mais pour gagner.

Faire un débat d'idées,  mais à quelle fin?

Afin de travailler à l'unité dans la lutte concrète, et travailler à la prise de conscience à travers ces luttes.

Mais tous ceux qui y collaborent doivent-ils pour autant être d'accord entre eux?

Non bien sûr. Peut importe que chacun maintienne ses positions, mais à condition que chacun se définisse précisément, applique ses idées et les mette en débat.

Sur ces objectifs là, le bulletin doit être un lieu de débat tourné vers l'action et la construction des forces organisées dans un but révolutionnaire, et non un ergotage théorique ou historique déconnecté des réalités immédiates.

Sa fréquence de parution dépendra de la volonté de chacun de se saisir de cet outil.

 

Peu importe d'où l'on vient, ses colonnes sont ouvertes à chaque militant s'inscrivant dans cette démarche.

Par ES - Publié dans : Qu'est-ce que Le Lien ?
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus