Le Lien !LES TACHES D'ORGANISATION DES REVOLUTIONNAIRES
La fatalité, l'éternité du capitalisme ne sont pas des idées qui peuvent dominer longtemps les prolétaires, car l'impuissance de la bourgeoisie à les nourrir, et à les faire vivre fait qu'ils n'ont pas d'autres choix que de conquérir le pouvoir, pour vivre ne serait-ce que de prendre aux bourgeois ce qu'ils leur volent.
L'impuissance à ce jour n'est que le constat de l'erreur de s'en être remis jusque là qu'à la "gauche" pour améliorer leur sort.
Les réformistes de tous ordres ont toujours brandi "leur réalisme": "une autre politique est possible" pour détourner la classe ouvrière des "utopies révolutionnaires".
Cela a marché cahin-cahat tant que le capital pouvait distribuer des miettes.
Pour eux, "ce n'est pas la voiture qui est foutue, mais un jour la roue est crevée, l'autre jour il faut changer l'huile, une autre fois refaire une pièce... Il ne faut surtout pas globaliser en trouvant une cause commune aux problèmes différents que l'on rencontre" ; cette cause commune, c'est le système capitaliste. C'est à la cause commune qu'il faut s'attaquer et non aux problèmes particuliers de chacun. Et il devient alors évident pour tous que ce "réalisme" là ne résoud rien, ni la précarité qui s'accroît, ni le prix des loyers qui augmentent et qui vont faire que des bidonvilles se reconstituent, ni ceux des systèmes de santé qui font que l'on est de plus en plus mal soigné, etc. De désarroi, de nombreux salariés placés face à ces constats qui les obligent à ne plus se contenter d'être une clientèle électorale, devront se prendre en mains et s'engager personnellement dans la lutte collective, mais qu'il va falloir se prendre en mains et
participer personnellement à la lutte collective.
C'est pourquoi à nouveau le BESOIN d'une nouvelle organisation de communistes mûrit et va s'amplifier.
Le pire et le plus dangereux serait de l'empêcher de se concrétiser en invoquant mille "dangers", ou "raisons", ou excuses (secte groupusculaire, épouvantail stalinien ou maintien d'un vieille organisation au nom de l'histoire), pour travailler à reconstruire cette organisation.
Savoir s'unir c'est aussi savoir se délimiter.
La délimitation exclut à la fois:
- ceux qui nient ou récusent la nécessité d'une organisation spéciale et centralisée de communistes
- ceux qui se réclament plus ou moins des partis de gauche en niant leur caractère 100% bourgeois et la nécessité de les combattre sans compromis.
L'union se réalisera sur un minimum:
- lutter contre son impérialisme, son Etat, contre le nationalisme et le protectionnisme
- pour l'abolition de la propriété privée
- pour l'abolition des classes
- pour l'internationalisme des peuples et l'unité des luttes dans le monde
- pour l'internationalisme des peuples et l'unité des luttes dans le monde
- pour la dictature du prolétariat
Cette union devra se réaliser en s'organisant et en s'éduquant. L'organisation dont on a besoin pour toutes ces tâches peut être définie comme une "avant-garde" au sens d'un détachement de personnes qui avance en premier, qui éclaire la voie, qui la défriche pour préparer et faciliter l'avancée du gros des troupes. Ses membres sont réellement les plus actifs, les plus déterminés, les plus conscients de la marche et des fins générales du mouvement ouvrier.
La lutte contre le système capitaliste dans son ensemble dépasse largement la simple expérience du vécu quotidien des prolétaires. Elle nécessite une organisation spéciale à la fois "cerveau collectif" appréhendant cette totalité et avant-garde combattante pour mettre en oeuvre les analyses et les corriger par la pratique.
"Les individus isolés (ou groupes d'individus) ne forment une classe que pour autant qu'ils doivent mener une lutte commune contre une autre classe, pour le reste ils se retrouvent ennemis dans la concurrence" (Karl Marx). La classe doit se créer dans la lutte et s'y (re)connaître.
Il est évident que les prolétaires ne reconnaîtront et n'accepterons le rôle du Parti que s'il est réellement un appui pour eux, que s'ils le vivent comme leur force, leur appartenant, que s'ils en sont écoutés, compris et respectés comme étant les acteurs de cette lutte. Ils ne veulent ni embrigadement, ni autorité bureaucratique mais seulement une autorité qui démultiplie leurs propres forces.
La forme d'organisation est trés importante: elle doit permettre de faciliter autant que les circonstances de la lutte le permettent l'expression des différentes postures, l'expression des postures minoritaires, l'initiative et la créativité de la base, ainsi que l'unification des forces révolutionnaires dans l'action, sans laquelle il n'est pas de victoire possible.
Mais si les formes sont importantes il ne faut pas croire qu'à elles seules elles peuvent résoudre les contradictions et les problèmes posés pour que le parti ne dégénère pas, mais il faut avoir conscience du problème du parti en tant que tel, son extériorité relative par rapport aux prolétaires. Cette extériorité est source d'une possible dégénérescence pouvant aller jusqu'à un possible antagonisme avec le prolétariat.
Or le parti n'a pas vocation à rester identique à lui même au cours de la lutte complexe du renversement du capitalisme. S'il remplit correctement ses tâches, s'il contribue à élever la conscience, le niveau des luttes, l'éducation, la liberté des prolétaires, il doit parallèlement s'effacer en tant qu'organisation séparée, tendre à fusionner avec le prolétariat, donc à disparaître, en même temps d'ailleurs que la prolétariat disparaît en tant que classe, ce à quoi s'opposent ceux qui défendent la fixité de la forme du parti comme un dogme, et qui cherchent à se poser par là même en nouveaux maîtres, au prétexte de défendre le rôle dirigeant du parti.