Présentation

  • : le blog le-lien
  • le-lien
  • : Politique
  • : Ceux qui participent à ce bulletin d'échange se battent contre le système capitaliste et pour le socialisme. Ce blog est un outil de débat, d'analyse et de confrontation pour avancer vers l'unité d'action et idéologique des communistes.
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil
  • Contact

Publicité

Lundi 25 septembre 2006

REFLEXIONS AUTOUR DE LA LUTTE CONTRE LE

CPE/CNE/PRECARITE.

 

            Depuis la fin du mois de janvier les étudiants ont initié un mouvement d'une grande ampleur. Au dires de tous, une telle implication dans un mouvement de contestation d'une réforme, un tel niveau de lutte n'avaient pas été atteints depuis 1994 et le CIP de Balladur, voire même dans certains endroits depuis 1968.

            Ce mouvement de grève contre le Contrat Première Embauche, contre la totalité de la dite Loi sur l'égalité des chances, contre le CNE et plus largement contre la précarité en général, se traduit en effet, par la grève, l'occupation des universités des actions coup de poing visant les symboles de l'Etat, les voies de transport, les locaux du patronat et les symboles de l'économie capitaliste.

            Elle se traduit aussi dans sa démarche par un refus (de la part des étudiants et lycéens ) du corporatisme et une volonté affirmée du tous ensemble, de la grève générale illimitée pour la satisfaction des revendications.


Une difficulté : se mettre en grève

Mais chaque militant est confronté à une réalité: la difficulté de transformer cette volonté en acte. Les militants révolutionnaires, bien qu'ils s'investissent dans le mouvement ne sont pas maîtres de celui- ci. Sinon la grève serait générale depuis un bon moment.

            Chez les étudiants, alors que la situation était mûre depuis plusieurs jours, l'UNEF (officine syndicale du PS ) n'a appelé aux blocages que lorsque ceux-ci étaient soit effectifs soit inévitables. Jusque là la position aura été de considérer que les assemblées générales, les manifs et les tracts se suffisaient à eux-mêmes.

            Or, chaque étudiant en a désormais fait l'expérience, c'est le fait de bloquer et d'occuper l'université qui a fait qu'un nombre important d'étudiants jusque là passifs nous ont rejoins dans la lutte. Un mouvement qui veut réussir doit donc créer les conditions d'un bouleversement de l'ordinaire.

On ne peut pas se mobiliser avec assez d'ampleur tout en continuant à aller en cours et à permettre aux casseurs de grève d'aller en cours. De la même façon, on n’obtiendra pas satisfaction si la situation est à la normale dans les usines, c'est- à-dire si la production continue.

 

C'est pour cette raison que les étudiants ne veulent pas rester dans leur ghetto universitaire. Ils décident souvent d'aller au devant des travailleurs en allant à leur rencontre dans les usines ou dans les quartiers. Des diffs de tracts signés par des AG étudiantes ont été effectuées par exemple à RVI, Bosch, Rhodia, Brand… La FSE a lancé un appel à la jeunesse des banlieues pour les inciter à s'organiser et à participer aux AG de ville.

Cette volonté d'une lutte générale est un signe réel de la remise en cause, non d'une politique partielle (visant les jeunes ou les étudiants) mais d'une politique globale qui s'attaque à l'ensemble du prolétariat.

Après l'occupation des facs et des lycées, les journées d'action et de grèves marquées par de bonnes participations, l'étape ne peut être autre que la grève générale illimitée.

 

C'est ici que les problèmes se posent. En effet, les plus mobilisés sont les étudiants et les lycéens. En tant qu'étudiants nous pouvons lancer des appels aux salariés, distribuer des tracts devant les entreprises, participer à des assemblées générales unitaires… mais nous n'avons pas de leçon à donner aux travailleurs.

 

La responsabilité de la décision de la grève appartient aux travailleurs eux-mêmes mais aussi, et surtout, à leurs syndicats, et en premier lieu à la C GT.

Or quelle frilosité!

La première des difficultés c'est que bien souvent il n'y a pas de syndicat dans l'entreprise et que le poids idéologique de la classe bourgeoise fait que la possibilité que ça aille mieux n'est pas entrevue. C'est là un effet de la force de l'idéologie dominante.

Pourtant, chacun entrevoit que le CNE et le CPE constituent des attaques contre le code du travail et représentent une menace réelle sur le CDI lui-même. C'est l'ensemble du prolétariat qui est directement touché. De même chacun pressent que se situation s'est dégradée, se dégrade, ou se dégradera.

Pourtant les directions syndicales parlent d'abord de mouvement étudiant, voir même de mouvement de génération (plutôt que d'une lutte de classe).

Maryse Dumas de la C GT déclare ensuite que ce n'est pas aux confédérations d'appeler à la grève mais aux travailleurs dans chacun e des boites! Bel exemple d'utilisation d'un discours pseudo-démocratique pour se dégager de ses responsabilités!

Enfin, la question de l'unité syndicale doit être remise en cause lorsque 6 directions syndicales se rangent derrière le point de vue défendu par la seule CFDT refusant d'appeler à la grève le jeudi 23 mars, alors même que la Coordination nationale étudiante appelait à une manif centrale à Paris ce jour même, et ce derrière le prétexte de ne pas masquer la grève des travailleurs de GDF !

 

A la faiblesse du syndicalisme dans la majorité des secteurs s'ajoute donc la frilosité des

syndicats.

Cette frilosité à des raisons:

- D'abord les syndicats sont conscients de leur faiblesse. Ils ne partent donc pas, ce qui est compréhensible, au combat sans un minimum de garantie sur la possible mobilisation des travailleurs.

- Ensuite, ils ont peur d'être débordés dans la mobilisation par des travailleurs qui remettraient en cause leur direction.

- Enfin il semble très clair que certains dirigeants syndicaux s'insèrent complètement dans la logique de l'alternance et sont prêts à vendre tout mouvement pour attendre les échéances électorales de 2007.


Une autre : bien la mener

Et cela va en s'empirant. En effet, au fil des années la capacité à mobiliser diminue. Le mouvement des retraites en 2003 était parti bien plus rapidement que celui sur le CPE et le CNE.

La conduite des derniers mouvements peut là encore être une des causes des difficultés à se mettre en grève. En effet la tactique des journées d'action isolées, se caractérisant par des arrêts de travail de quelques heures le temps d'une manif, sans reconduction bien sûr, a maintes fois prouvé son caractère largement insuffisant dans le rapport de force et épuisant pour les grévistes.

 

De nombreux salariés hésitent désormais à perdre une journée de salaire pour une perspective aussi réduite.

S'arrêter obstinément au milieu du chemin c'est laisser l'autre partie du chemin libre à la bourgeoisie. Et c'est être certains que la prochaine fois on aura milles difficultés supplémentaires à se défendre.

Les centrales syndicales doivent donc, mesurant et tenant compte des possibilités réelles, toujours tenir leurs responsabilités et s'engager dans une attitude offensive pouvant mener à la victoire, ce qui passe nécessairement par l'objectif de la construction d'une grève générale illimitée.

 

La direction du mouvement

Parmi les réformistes, on retrouve aussi les opportunistes: ainsi, pour prendre l'exemple de l'UNEF, un double discours est constamment employé. Dans les AG ils se rangent sur la grève générale, l'occupation et l'élargissement des revendications au CNE et à la loi sur l'égalité des Chances (LEC ). Dans les intersyndicales, ils signent des appels creux, qui ne parlent que du CPE et surtout de rien d'autre, ne pèsent pas pour un appel clair à la grève générale.

Ce style opportuniste est caractéristique des directions réformistes et capitulardes: il consiste à sauver la face là où on est débordé et à tomber le masque la où se situe la direction effective du mouvement.

Ici, où est la direction du mouvement?

Théoriquement la direction c'est la Coordination nationale, seule structure démocratique, qui réunit chaque semaine les délégués élus et mandatés des facs et lycées mobilisés. Elle s'est doté de 16 porte-paroles. Mais en réalité, la direction est assumée par les grands syndicats puisque c'est vers eux que les regards se tournent pour la suite du mouvement.

On assiste donc à la rivalité entre deux directions:

L'une réformiste qui n'assume pas ses responsabilités et cherche un compromis avec le gouvernement ou les députés sur la seule question du C P E.

L'autre, qui vise, avec bien des difficultés, à diriger démocratiquement la lutte dans un sens d'élargissement de celle -ci à la précarité et l'exploitation en général et reconnue par toutes les AG.


La question du pouvoir…

Ce mouvement pose d'ores et déjà des questions politiques. Dont une centrale: celle du pouvoir.

En effet, le Medef reste le seul soutien du gouvernement. La collusion entre l'Etat et le patronat devient évidente pour un nombre de gens toujours plus important. Dans le même temps la répression augmente. Nous sommes majoritaires, les patrons sont minoritaires. Pourtant nous ne sommes rien et ils sont tout. Devant cette situation aussi claire, beaucoup sont amené à se poser la question du pouvoir, c'est-à-dire des moyens à mettre en oeuvre pour battre la bourgeoisie.

Car effectivement que voulons-nous? Simplement nous battre contre une réforme ou contre un système qui organise notre exploitation? Doit-on lutter et conserver le capitalisme ou doit-on lutter pour s'en débarrasser?

Doit-on s'arrêter à lutter contre le CPE ou doit-on, en mettant le doigt sur l'essence de la crise (l'antagonisme des classes ) faire grossir cette crise jusqu'à la révolution?

 

Les sociaux-démocrates et autres opportunistes ne remettent pas en cause le pouvoir actuel, celui de la bourgeoisie. Ils remettent en cause le gouvernement, s'offusquent que celui-ci n'est pas démocratique car il utilise le 49-3, mettent en avant des arguments démocratistes bourgeois (par exemple Chirac ne doit pas faire le politique qu'il fait car il a été aussi élu avec des voix de gauche ). Ils s'efforcent de limiter nos forces à la protestation, à une bataille d'opinion publique dans le but que la gauche remporte les élections en 2007. Ils critiquent que les patrons aient tout le pouvoir, mais pas qu'ils existent.

Le pouvoir bourgeois, le système capitaliste ne sont pas remis en cause.

 

Les anarchistes, eux, sont dans la négation du pouvoir. Ils rejettent le pouvoir bourgeois, de même que tout autre pouvoir. Même si un militant révolutionnaire a de la sympathie pour les anarchistes car ceux -ci ne s'obstinent pas à l'attentisme et veulent agir, ces derniers en s'opposant à tout pouvoir conduisent les masses à l'impuissance, en refusant de fait un pouvoir prolétarien, car pouvoir tout de même.

 

La troisième façon de poser la question du pouvoir c'est-à-dire le renversement de l'Etat bourgeois est l'édification d'un autre Etat, prolétarien, par la Dictature du prolétariat n'est elle pas posée explicitement, ou trop peu.

 

Ces façons différentes de poser la question du pouvoir, trahissent des objectifs politiques différents. Ainsi, pour les réformistes et les opportunistes, le bout du mouvement c'est les élections de 2007. Leur tactique est donc d'avoir un mouvement contre un projet de la droite qui représente la précarité. Que l'on gagne ou non, le but du mouvement est la victoire électorale. Le résultat n'est rien d'autre que le détournement de la potentielle contestation du système vers le renforcement de la démocratie bourgeoise.

Pour les révolutionnaires, le mouvement est la matérialisation de la crise. C'est la manifestation que les intérêts des classes sont inconciliables, que le gouvernement et que toute sa machine étatique n'est là que pour nous contenir, que l'on ne gagne pas seulement par des idées mais par la force. Dans une lutte de classe les révolutionnaires s' efforcent de montrer que la lutte mise en oeuvre contre une réforme devrait être mise en oeuvre contre tout le système capitaliste, qu'il est la cause de l'exploitation et qu'il faut donc s'en débarrasser. Notre but est d'élargir la crise et de la transformer en révolution.


… Et donc celle du parti.

Si ce mouvement pose la question du pouvoir, certes encore de façon très inconsciente pour la plupart des grévistes, il pose, pour nous militants, de façon urgente celle du parti. En effet, la question de la direction du mouvement est cruciale pour son caractère victorieux et porteur d'avenir. Si la direction est réformiste, elle conduira inexorablement le mouvement vers la défaite ou vers une victoire partielle à cours terme.

L'esprit anti-capitaliste du mouvement sera trahi par un arrêt brutal de la mobilisation et une réorientation opportuniste, électoraliste des éléments que la direction aura apprivoisés.

A l'inverse, si la direction est révolutionnaire, c'est-à-dire si ses éléments sont issu d'un parti révolutionnaire et agissent dans l'esprit de ce parti, elle mènera plus certainement le mouvement vers la victoire, car elle n e s'entêtera pas dans des compromis foireux ni dans des tactiques opportunistes. La défaite à cours terme serait au bout de la lutte, qu'elle ne ferait que renforcer notre camp.

Or ce parti révolutionnaire est à construire. Nous n'avons pas en France de véritable parti remettant complètement en cause le système capitaliste, oeuvrant pour le socialisme et apte à diriger une quelconque lutte d'ampleur nationale.

Il faut un parti marxiste-léniniste pour diriger notre lutte. Voilà ce à quoi nous devons nous atteler.

 

Eric

Par ES - Publié dans : Les luttes et nous
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Retour à l'accueil
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus