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Les luttes et nous

Lundi 25 septembre 2006

REFLEXIONS AUTOUR DE LA LUTTE CONTRE LE

CPE/CNE/PRECARITE.

 

            Depuis la fin du mois de janvier les étudiants ont initié un mouvement d'une grande ampleur. Au dires de tous, une telle implication dans un mouvement de contestation d'une réforme, un tel niveau de lutte n'avaient pas été atteints depuis 1994 et le CIP de Balladur, voire même dans certains endroits depuis 1968.

            Ce mouvement de grève contre le Contrat Première Embauche, contre la totalité de la dite Loi sur l'égalité des chances, contre le CNE et plus largement contre la précarité en général, se traduit en effet, par la grève, l'occupation des universités des actions coup de poing visant les symboles de l'Etat, les voies de transport, les locaux du patronat et les symboles de l'économie capitaliste.

            Elle se traduit aussi dans sa démarche par un refus (de la part des étudiants et lycéens ) du corporatisme et une volonté affirmée du tous ensemble, de la grève générale illimitée pour la satisfaction des revendications.


Une difficulté : se mettre en grève

Mais chaque militant est confronté à une réalité: la difficulté de transformer cette volonté en acte. Les militants révolutionnaires, bien qu'ils s'investissent dans le mouvement ne sont pas maîtres de celui- ci. Sinon la grève serait générale depuis un bon moment.

            Chez les étudiants, alors que la situation était mûre depuis plusieurs jours, l'UNEF (officine syndicale du PS ) n'a appelé aux blocages que lorsque ceux-ci étaient soit effectifs soit inévitables. Jusque là la position aura été de considérer que les assemblées générales, les manifs et les tracts se suffisaient à eux-mêmes.

            Or, chaque étudiant en a désormais fait l'expérience, c'est le fait de bloquer et d'occuper l'université qui a fait qu'un nombre important d'étudiants jusque là passifs nous ont rejoins dans la lutte. Un mouvement qui veut réussir doit donc créer les conditions d'un bouleversement de l'ordinaire.

On ne peut pas se mobiliser avec assez d'ampleur tout en continuant à aller en cours et à permettre aux casseurs de grève d'aller en cours. De la même façon, on n’obtiendra pas satisfaction si la situation est à la normale dans les usines, c'est- à-dire si la production continue.

 

C'est pour cette raison que les étudiants ne veulent pas rester dans leur ghetto universitaire. Ils décident souvent d'aller au devant des travailleurs en allant à leur rencontre dans les usines ou dans les quartiers. Des diffs de tracts signés par des AG étudiantes ont été effectuées par exemple à RVI, Bosch, Rhodia, Brand… La FSE a lancé un appel à la jeunesse des banlieues pour les inciter à s'organiser et à participer aux AG de ville.

Cette volonté d'une lutte générale est un signe réel de la remise en cause, non d'une politique partielle (visant les jeunes ou les étudiants) mais d'une politique globale qui s'attaque à l'ensemble du prolétariat.

Après l'occupation des facs et des lycées, les journées d'action et de grèves marquées par de bonnes participations, l'étape ne peut être autre que la grève générale illimitée.

 

C'est ici que les problèmes se posent. En effet, les plus mobilisés sont les étudiants et les lycéens. En tant qu'étudiants nous pouvons lancer des appels aux salariés, distribuer des tracts devant les entreprises, participer à des assemblées générales unitaires… mais nous n'avons pas de leçon à donner aux travailleurs.

 

La responsabilité de la décision de la grève appartient aux travailleurs eux-mêmes mais aussi, et surtout, à leurs syndicats, et en premier lieu à la C GT.

Or quelle frilosité!

La première des difficultés c'est que bien souvent il n'y a pas de syndicat dans l'entreprise et que le poids idéologique de la classe bourgeoise fait que la possibilité que ça aille mieux n'est pas entrevue. C'est là un effet de la force de l'idéologie dominante.

Pourtant, chacun entrevoit que le CNE et le CPE constituent des attaques contre le code du travail et représentent une menace réelle sur le CDI lui-même. C'est l'ensemble du prolétariat qui est directement touché. De même chacun pressent que se situation s'est dégradée, se dégrade, ou se dégradera.

Pourtant les directions syndicales parlent d'abord de mouvement étudiant, voir même de mouvement de génération (plutôt que d'une lutte de classe).

Maryse Dumas de la C GT déclare ensuite que ce n'est pas aux confédérations d'appeler à la grève mais aux travailleurs dans chacun e des boites! Bel exemple d'utilisation d'un discours pseudo-démocratique pour se dégager de ses responsabilités!

Enfin, la question de l'unité syndicale doit être remise en cause lorsque 6 directions syndicales se rangent derrière le point de vue défendu par la seule CFDT refusant d'appeler à la grève le jeudi 23 mars, alors même que la Coordination nationale étudiante appelait à une manif centrale à Paris ce jour même, et ce derrière le prétexte de ne pas masquer la grève des travailleurs de GDF !

 

A la faiblesse du syndicalisme dans la majorité des secteurs s'ajoute donc la frilosité des

syndicats.

Cette frilosité à des raisons:

- D'abord les syndicats sont conscients de leur faiblesse. Ils ne partent donc pas, ce qui est compréhensible, au combat sans un minimum de garantie sur la possible mobilisation des travailleurs.

- Ensuite, ils ont peur d'être débordés dans la mobilisation par des travailleurs qui remettraient en cause leur direction.

- Enfin il semble très clair que certains dirigeants syndicaux s'insèrent complètement dans la logique de l'alternance et sont prêts à vendre tout mouvement pour attendre les échéances électorales de 2007.


Une autre : bien la mener

Et cela va en s'empirant. En effet, au fil des années la capacité à mobiliser diminue. Le mouvement des retraites en 2003 était parti bien plus rapidement que celui sur le CPE et le CNE.

La conduite des derniers mouvements peut là encore être une des causes des difficultés à se mettre en grève. En effet la tactique des journées d'action isolées, se caractérisant par des arrêts de travail de quelques heures le temps d'une manif, sans reconduction bien sûr, a maintes fois prouvé son caractère largement insuffisant dans le rapport de force et épuisant pour les grévistes.

 

De nombreux salariés hésitent désormais à perdre une journée de salaire pour une perspective aussi réduite.

S'arrêter obstinément au milieu du chemin c'est laisser l'autre partie du chemin libre à la bourgeoisie. Et c'est être certains que la prochaine fois on aura milles difficultés supplémentaires à se défendre.

Les centrales syndicales doivent donc, mesurant et tenant compte des possibilités réelles, toujours tenir leurs responsabilités et s'engager dans une attitude offensive pouvant mener à la victoire, ce qui passe nécessairement par l'objectif de la construction d'une grève générale illimitée.

 

La direction du mouvement

Parmi les réformistes, on retrouve aussi les opportunistes: ainsi, pour prendre l'exemple de l'UNEF, un double discours est constamment employé. Dans les AG ils se rangent sur la grève générale, l'occupation et l'élargissement des revendications au CNE et à la loi sur l'égalité des Chances (LEC ). Dans les intersyndicales, ils signent des appels creux, qui ne parlent que du CPE et surtout de rien d'autre, ne pèsent pas pour un appel clair à la grève générale.

Ce style opportuniste est caractéristique des directions réformistes et capitulardes: il consiste à sauver la face là où on est débordé et à tomber le masque la où se situe la direction effective du mouvement.

Ici, où est la direction du mouvement?

Théoriquement la direction c'est la Coordination nationale, seule structure démocratique, qui réunit chaque semaine les délégués élus et mandatés des facs et lycées mobilisés. Elle s'est doté de 16 porte-paroles. Mais en réalité, la direction est assumée par les grands syndicats puisque c'est vers eux que les regards se tournent pour la suite du mouvement.

On assiste donc à la rivalité entre deux directions:

L'une réformiste qui n'assume pas ses responsabilités et cherche un compromis avec le gouvernement ou les députés sur la seule question du C P E.

L'autre, qui vise, avec bien des difficultés, à diriger démocratiquement la lutte dans un sens d'élargissement de celle -ci à la précarité et l'exploitation en général et reconnue par toutes les AG.


La question du pouvoir…

Ce mouvement pose d'ores et déjà des questions politiques. Dont une centrale: celle du pouvoir.

En effet, le Medef reste le seul soutien du gouvernement. La collusion entre l'Etat et le patronat devient évidente pour un nombre de gens toujours plus important. Dans le même temps la répression augmente. Nous sommes majoritaires, les patrons sont minoritaires. Pourtant nous ne sommes rien et ils sont tout. Devant cette situation aussi claire, beaucoup sont amené à se poser la question du pouvoir, c'est-à-dire des moyens à mettre en oeuvre pour battre la bourgeoisie.

Car effectivement que voulons-nous? Simplement nous battre contre une réforme ou contre un système qui organise notre exploitation? Doit-on lutter et conserver le capitalisme ou doit-on lutter pour s'en débarrasser?

Doit-on s'arrêter à lutter contre le CPE ou doit-on, en mettant le doigt sur l'essence de la crise (l'antagonisme des classes ) faire grossir cette crise jusqu'à la révolution?

 

Les sociaux-démocrates et autres opportunistes ne remettent pas en cause le pouvoir actuel, celui de la bourgeoisie. Ils remettent en cause le gouvernement, s'offusquent que celui-ci n'est pas démocratique car il utilise le 49-3, mettent en avant des arguments démocratistes bourgeois (par exemple Chirac ne doit pas faire le politique qu'il fait car il a été aussi élu avec des voix de gauche ). Ils s'efforcent de limiter nos forces à la protestation, à une bataille d'opinion publique dans le but que la gauche remporte les élections en 2007. Ils critiquent que les patrons aient tout le pouvoir, mais pas qu'ils existent.

Le pouvoir bourgeois, le système capitaliste ne sont pas remis en cause.

 

Les anarchistes, eux, sont dans la négation du pouvoir. Ils rejettent le pouvoir bourgeois, de même que tout autre pouvoir. Même si un militant révolutionnaire a de la sympathie pour les anarchistes car ceux -ci ne s'obstinent pas à l'attentisme et veulent agir, ces derniers en s'opposant à tout pouvoir conduisent les masses à l'impuissance, en refusant de fait un pouvoir prolétarien, car pouvoir tout de même.

 

La troisième façon de poser la question du pouvoir c'est-à-dire le renversement de l'Etat bourgeois est l'édification d'un autre Etat, prolétarien, par la Dictature du prolétariat n'est elle pas posée explicitement, ou trop peu.

 

Ces façons différentes de poser la question du pouvoir, trahissent des objectifs politiques différents. Ainsi, pour les réformistes et les opportunistes, le bout du mouvement c'est les élections de 2007. Leur tactique est donc d'avoir un mouvement contre un projet de la droite qui représente la précarité. Que l'on gagne ou non, le but du mouvement est la victoire électorale. Le résultat n'est rien d'autre que le détournement de la potentielle contestation du système vers le renforcement de la démocratie bourgeoise.

Pour les révolutionnaires, le mouvement est la matérialisation de la crise. C'est la manifestation que les intérêts des classes sont inconciliables, que le gouvernement et que toute sa machine étatique n'est là que pour nous contenir, que l'on ne gagne pas seulement par des idées mais par la force. Dans une lutte de classe les révolutionnaires s' efforcent de montrer que la lutte mise en oeuvre contre une réforme devrait être mise en oeuvre contre tout le système capitaliste, qu'il est la cause de l'exploitation et qu'il faut donc s'en débarrasser. Notre but est d'élargir la crise et de la transformer en révolution.


… Et donc celle du parti.

Si ce mouvement pose la question du pouvoir, certes encore de façon très inconsciente pour la plupart des grévistes, il pose, pour nous militants, de façon urgente celle du parti. En effet, la question de la direction du mouvement est cruciale pour son caractère victorieux et porteur d'avenir. Si la direction est réformiste, elle conduira inexorablement le mouvement vers la défaite ou vers une victoire partielle à cours terme.

L'esprit anti-capitaliste du mouvement sera trahi par un arrêt brutal de la mobilisation et une réorientation opportuniste, électoraliste des éléments que la direction aura apprivoisés.

A l'inverse, si la direction est révolutionnaire, c'est-à-dire si ses éléments sont issu d'un parti révolutionnaire et agissent dans l'esprit de ce parti, elle mènera plus certainement le mouvement vers la victoire, car elle n e s'entêtera pas dans des compromis foireux ni dans des tactiques opportunistes. La défaite à cours terme serait au bout de la lutte, qu'elle ne ferait que renforcer notre camp.

Or ce parti révolutionnaire est à construire. Nous n'avons pas en France de véritable parti remettant complètement en cause le système capitaliste, oeuvrant pour le socialisme et apte à diriger une quelconque lutte d'ampleur nationale.

Il faut un parti marxiste-léniniste pour diriger notre lutte. Voilà ce à quoi nous devons nous atteler.

 

Eric

Par ES
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Mercredi 6 décembre 2006

« Ce n’est pas leur conscience qui détermine

leur existence sociale mais c’est leur existence sociale

qui détermine leur conscience. »

K. Marx

 

 

Les étudiants en droit et la grève

 

J’ai tenté de démontrer par cet article combien il est nécessaire d’étudier avec rigueur les différents milieux connus pour leur caractère repoussant et leur nature politique oppositionnelle vis-à-vis de la nôtre, et ce dans le dessein d’en tirer meilleure profit lors les prochaines luttes à mener, lesquelles sont très proches.

 

Lorsqu’un mouvement est lancé dans une université, ce qui s’avère le plus redoutable pour mobiliser est incontestablement la fac de droit ou plutôt les étudiants juristes. Hélas, cette complexité est partout présente. Mais sommes nous déjà interroger à ce sujet ? Cela peut paraître autant une banalité qu’il ne faut négliger la question soulevé au départ de chaque initiative mobilisatrice.

Si l’on devait recueillir l’opinion des « gauchistes » sur la problématique relevée, on remarquerait très vite la montée de préjugés insignifiants, repoussants, ancrés, et dogmatiques. Les étudiants en droit pris dans leur ensemble seraient traités de « bourgeois », « fascistes », « fils à papa », etc., et feraient ainsi l’objet d’un amalgame regrettable car de nature à empêcher implicitement toute mobilisation large voire éventuellement fructueuse. L’on pourrait peut-être éviter à l’inverse l’accroissement du camp des opposants ou anti-grévistes (cf. le développement progressif et rapide du C.L.E à Lyon).

Mieux vaut prévenir que guérir ? Non, mieux vaut guérir que prévenir, dirais-je.     

 

1- La grève aux portes de la fac : une confrontation réelle

  

Je voudrais tout d’abord relater une scène, qui s’est produite lors de la grève contre la loi sur « l’égalité des chances » et le CNE dans la fac de droit de l’université Lyon 2, pour pouvoir établir une analyse concrète des enjeux et du rôle déterminant des formations intellectuelles et ce, afin de dévoiler le système de reproduction sociale à travers l’enseignement supérieur et notamment en Droit.

 

En effet, la grève a démarré par le blocage partiel du campus Portes des Alpes à Bron puis s’est étendu progressivement et délicatement sur l’autre campus, celui des quais : là où se situe les départements de droit, science politique, économie, lettres, ...

L’événement le plus marquant quant à notre étude fut la première occupation de l’amphithéâtre Laprade, lieu qui symbolise hautement le conservatisme bourgeois attaché aux grandes valeurs du droit (la fresque murale à l’intérieur peut en témoigner). Cette entreprise d’occupation à l’initiative des anarchistes, ne se souciant point des décisions prises le jour même par l’assemblée générale seule souveraine - au moins en principe -, fut décidée et consolidée la nuit. Prenant compte du déroulement des événements j’ai été contraint de soutenir cette démarche car il n’était plus possible de revenir en arrière. A savoir que la méthode des grévistes consistait en l’interruption volontaire des cours dans le cadre de débrayages légitimement approuvés et effectivement appliquée les jours précédant. Je n’évoquerai pas ici la portée du travail d’information suivie d’un appel au ralliement, fait auparavant à Laprade, qui d’ailleurs se solda par un échec dû au désintérêt total des quelques juristes alors présents (très attentifs au cours mais du reste indifférents à tout ce que lui extérieur).   

Bref, lorsque les étudiants, ayant cours le lendemain matin, se sont pointés devant le bâtiment en question, ou plutôt la forteresse devrais-je dire, leur réaction fut plus ou moins prévisible (encore qu’elle ait suscitée l’étonnement pour ma part) à l’instant même où ils découvraient leur domaine assiégé.  Stupéfaction, frustration, mais surtout mépris et colère matérialisée par les cris et la volonté ferme de démonter les barricades construites la veille au soir. C’est ainsi que l’on pourrait décrire la confrontation des « deuxième année de licence de droit » avec les bloqueurs, -rappelons-le - anarchistes dans leur plus grande majorité. Les tentatives de pénétrer de force dans l’enceinte du bâtiment par l’entrée bloquée furent suivies à l’intérieur d’échanges virulents de paroles qui ne ressemblaient guère à des débats et surtout pas à des négociations. Tous exprimaient ni plus ni moins leur intention sans relâches de suivre leur cours respectif, outils de leur réussite future, honorable et digne de ce nom.

Cependant, certains ou certaines d’entre eux donnèrent leur avis sur les revendications mais en refusant obstinément d’adhérer à l’esprit de la grève et du blocage. Je parle là des pseudos réfractaires du CPE car il serait tout à fait absurde d’attendre quelconque espoir des ennemis du mouvement (ennemis du peuple ?).

Ce qui peut paraître surprenant pour les « gauchistes » et non pour les matérialistes conscients, c’est que des étudiants (-es) en droit, minoritaires toutefois, (je reviendrais sur leur nombre par une explication) ont bel et bien participé à la grève en répondant présent aux AG, dans les quelles ils ont pris part en intervenant favorablement, ainsi que dans les nombreuses manifestations en dépit de leur nature parfois aventuriste ou de leur caractère anarchique (cf. quelques manifs illégales inorganisées). 

 

Alors donc, il y aurait des contradictions au sein même des étudiants en droit pris dans leur ensemble. Tous ne seraient pas issus de la bourgeoisie.

 

Qui sont les personnes étudiant le droit et lesquelles peut-on rallier à nos luttes ?

 

En réponse à la première partie de la question, il serait judicieux d’un point de vue politique et sociologique d’établir une analyse qui repose sur la détermination objective des appartenances de classe pour ainsi élucider les rapports sociaux au sein même des universités ; rapports que nous avons tendance à négliger.

 

2- La bourgeoisie à travers le Droit

 

Historiquement, en matière d’enseignement pratiqué à l’université, le Droit fait partie de ces filières qui répondent à l’élitisme fortement développé dans les sociétés capitalistes, aussi bien occidentales qu’orientales. En effet, les débouchés professionnels en la matière sont hautement valorisés (à titre honorifique, nous appelons un avocat : maître). Outre leur nature satisfaisant le système juridictionnel tant défendu (« impartialité », « indépendance ») et à fortiori le droit bourgeois (sacro-sainte propriété privée de valeur constitutionnelle, ordre public bourgeois, législation du travail garantissant la suprématie du capital spoliateur,...), les fonctions au sein de la justice permettent aux personnes qui les exercent de les qualifier de notables, traditionnellement parlant. Les notables ont nécessairement une position supérieure dans la hiérarchie sociale : ils sont les élites. Certes, la bourgeoisie a donc tout naturellement sa place dans ce domaine. Nul doute à ce sujet.

Une autre approche plus intelligible conviendrait à dire : puisque les bourgeois* tiennent à préserver l’infrastructure économique qui repose historiquement (en succession aux rapports économiques régissant la société féodale) sur les rapports de production et d’échange capitalistes, ils ne peuvent inéluctablement que prendre possession du contrôle de la superstructure mise en forme par l’appareil d’Etat et ses composantes : la justice, la police, l’armée, etc., et de son orientation politico-stratégique. En ce qui concerne le droit, Engels confirme en 1888 que «les normes du droit bourgeois ne sont que l’expression juridique des conditions d’existence économiques de la société. »*8

Par contre, se pose un problème de qualification tenant à l’appartenance de classes ; à savoir : les professions libérales relevant du domine juridique sont en outre des petits bourgeois, au même titre que les universitaires praticiens. Il y a dès lors ambiguïté car si un bourgeois ou un enfant de bourgeois devient petit bourgeois, aura-t-il chuté dans l’échelle sociale ? Non, il sera petit bourgeois mais portera les moeurs bourgeois, il en est imprégné, et son origine ne le quittera pas. Mais si pour autant sa situation se dégrade eu égard aux fluctuations, dépérissements de toutes sortes engendrés par le système capitaliste, son approche de la lutte des classes changera s’il consent tout au plus à nos idées. Je ne dis pas qu’il y aura prolétarisation de la bourgeoisie, idée absurde et purement utopique ; de même pour ce qui s’agit de la conciliation de classes antagonistes sur une base consensuelle, qui plus est, équitable. Mais cela dit la petite bourgeoisie n’est pas notre ennemie et nous devons tant que celle-ci ne s’élève point contre la classe ouvrière, entretenir des liens étroits de fraternité et de solidarité. Ce qui oppose indistinctement la petite bourgeoisie du prolétariat ne relève pas de rapports antagoniques. C’est bien la bourgeoisie qu’il faut renverser à jamais en alliant la petite bourgeoisie à nos côtés à fin d’en sortir victorieux.

« Mais il n’y a pas que des bourgeois ou des petits bourgeois, il  y a aussi des travailleurs, des salariés dans les instances étatiques représentatives » me direz-vous en prenant l’exemple des Conseils de prud’hommes, caisses de sécurité sociales, conseils économiques sociales (instances consultatives), etc. Cela est bien vrai mais partie intégrante de la démocratie bourgeoise ou pseudo-démocratie, elles ne sont ni plus ni moins que des structures réactionnaires. Oui, les travailleurs ont un rôle à y jouer et ce, tant que les masses y verrons un intérêt à court et à moyen terme mais je m’écarterai du sujet (ce que par ailleurs je suis en train faire) si je me mettais à expliquer la nécessité de leur présence selon mon point de vue.

Par ailleurs, il n’y a qu’à jeter un coup d’oeil sur les rémunérations perçues par les divers «  représentants de classe »...

Bref, nous venons ainsi de faire une analyse politique quant à la place occupée par la bourgeoisie dans le domaine du droit.

 

3- Un élan plutôt contestataire à l’égard des mouvements

 

Pour en revenir à notre sujet, les composantes de la filière Droit sont réparties majoritairement du côté de la bourgeoisie. (Serait-ce là un pur fait du hasard ou un élément révélateur exploitable que de voir Pierre Bouzin, le fascisant commandant de l’UNI, en droit à Lyon 2 ?) Ces éléments sont donc voués à étudier dans les conditions qui leurs sont imposées de par leur statut au sein de la société, en jouissant bien évidemment d’une aisance matérielle et financière dont les autres étudiants émanant des classes socialement inférieures ne peuvent profiter.

En effet, s’il y en a qui en possèdent voire excessivement, c’est que d’autre en sont forcément privés. C’est la logique du capitalisme : le travail accumulé (capital) vit et se nourrit du travail vivant au détriment de celui-ci et ce, dans des proportions révoltantes.

Il s’agit là d’un regard objectif et non subjectif. Ce que j’avance ici vise l’ensemble des étudiants originaires des classes bourgeoises. Comme je l’ai fait remarqué plus haut, certains militent même dans des organisations politiques et syndicales de droite ou de droite extrême (je me permets d’employer le vocabulaire d’un camarade de Limoges). Ainsi, je n’invente rien !

 

Comment ces étudiants se positionnent-ils  par rapport aux grèves envisagées pour la défense de nos droits constamment bafoués ? Ils sont généralement hostiles auxdites grèves. Il en est parmi eux qui diffusent des idées suscitant d’avantage notre colère. Pour exemple, le syndicat UNI colle des affiches sur lesquelles ont peut lire : « Stop la grève ! ».

J’en profite également pour faire appel à votre conscience en évoquant le fait suivant : Pendant la grève contre le CPE, les anti-bloqueurs ont tiré et distribué des tracts appelant à en finir avec cette grève mais l’aberration la plus extrême se situe sur le plan financier. Les auteurs de cet acte infâme disposaient du soutien de la COREP. Que dire de ceci ? A chacun son camp. La luttes des classes, nous étudiants, ne là vivons-nous pas dans les facs ?

 

Outre les organisés, le reste ne semble pas manifester sa désapprobation tout au moins verbalement ou directement. Quelle importance pour eux ? Ils sont là pour étudier et rien d’autre. L’intégrité de leur reproduction sociale ne se trouve point atteint tant les pouvoirs politiques sont compétents pour user de la répression féroce aux fins de briser les révoltes qui prennent d’avantage de l’ampleur, et tant de droite comme de  « gauche » garantissent à leur classes le maintient du système tel qu’il est.

Nous trouvons parmi ceux-là, ceux qui ont pour vocation de rejoindre l’appareil judiciaire répressif en orientant leurs études dans cette voie.

De plus, pour ces mêmes ennemis de la cause, un éventuel échec scolaire n’équivaut pas une totale défaite car ils trouvent des refuges que sont par exemple : les études privés ou des secteurs d’activités dont ils acquiert la maîtrise même partielle soit-elle.

 

Gare à vous dirai-je, votre règne n’est pas éternel !

 

Viens le moment où les révoltés, partisans de l’opposition massive, investissent leur lieu de formation intellectuelle. C’est alors qu’ils enlèvent leurs masques de modeste bien élevé et agissent parfois avec violence que témoignent leurs propos ; tout comme le patron qui, lorsqu’il saisit le regard et l’intention des ouvriers bientôt prêt pas à un soulèvement pour réclamer leur part du profit qu’ils ont eux-mêmes générée par leur travail, s’écrie : « Hep là, bas les mains, touche pas mon pain ! » Le pain dont il est question ici n’est de toute évidence guère semblable à celui que possèdent ses subordonnés, en nombre et en valeur.

Il en est ainsi des bourgeois qui, soit dit en passant, postulent le plus souvent dans les universités dites de « prestige » telle que Lyon 3. A la grande ignorance de certains gens, il s’y trouve dans cet établissement des enfants de prolétaires voire même des militants d’extrême gauche courageux. Cela est aussi une contradiction. Ne les oublions pas !

 

4- Une approche généralement favorable quant à aux autres classes

 

Prenons maintenant en considération les éléments issus de la petite bourgeoisie et du prolétariat. S’agissant des derniers, ils sont hélas numériquement inférieur mais fort heureusement ils ne partagent pas les mêmes intérêts que ceux décris précédemment (au moins socialement).

Quelles sont donc leurs attentes vis-à-vis de ces études qu’ils poussent le plus souvent avec peine ? Ceux-là veulent prendre part à l’activité juridique en passant par le commerce, l’économie, les services, etc. Ont-ils les mêmes moyens que les bourgeois d’y parvenir ? Intellectuels oui, mais il y a des facteurs qui changent la donne telle la pression psychologique due à la pression familiale et extérieure, mais surtout l’insuffisance économique.

 

Pour ce qui est des petits bourgeois, il en est qui suivent la ligne générationnelle (ex : enfants d’avocats, huissiers, etc.) mais regardent d’un autre oeil les mouvements sociaux. Ils y sont même favorables, sans vouloir généraliser, tant ils s’aperçoivent de la dégradation continuelle des conditions de vie, laquelle est formalisée par une atteinte aux droits et libertés individuelles et collectives. Ces droits mêmes auxquels les pouvoirs politiques confortés par les hautes juridictions ôtent leur aspect intangible tel qu’il ressort dans les gros livres de couleur rouge et de nature quasiment sacrée voire ecclésiastique dans certains domaines (ex : en droit civil, il persiste l’influence des valeurs judéo-chrétiennes).

Les petits bourgeois sont en outre partagés mais il me semble qu’une bonne partie n’est pas si opposante voire nuisible. En effet, eux aussi sont là aux fins d’études dont l’aboutissement souhaité est le début d’une belle carrière avec notamment l’espoir de se constituer un patrimoine respectable.

Si nous devions nous pencher de plus près, nous remarquerions la chose suivante : il en est tout de même qui souhaitent oeuvrer dans des activités sociales inscrit dans un cadre juridique. Ceux-là ont un attrait pour les soulèvements « à juste titre ». Je conçois qu’il est effectivement dangereux de parler de la justesse d’un mouvement social mais comprenez que je me positionne vis-à-vis des pensées dominantes en la matière. Je ne tiens pas à subjectiviser l’opinion petite-bourgeoise en la conformant à la mienne.

Or, nombreux sont ceux qui, en dépit de leur attachement au « social », refusent de prendre part aux initiatives qui risquerait certainement de les déjouer de ce à quoi ils ont consacré une partie de leur vie ou plutôt une partie de leur jeunesse. Eh oui, c’est un investissement dans le temps...

Voyez à Lyon 2, « les anti-grève » ou plutôt les opposants aux suspensions de cours étaient tellement nombreux sous le drapeau de « la liberté d’étudier »*4 qu’il parut difficile de différencier les véritables « ennemis de fond. » Cette explication est assez complexe mais je me garde pour autant de faire des ennemis nos amis, pour ceux et celles qui ne saisiraient pas le sens de cette vue objective.

A noter que l’individualisme n’est guère exclu dans la façon de penser et d’agir de la bourgeoisie et petite-bourgeoise. C’est effectivement un facteur important.

Bref, sans trop étendre le champ de mes réflexions, je me contente de cibler la meilleure partie de la petite bourgeoise que l’on trouve en droit en vue de les appeler à se joindre à nous avec pour objectif  à long terme: l’union révolutionnaire. « C’est là un appel presque religieux qui tend vers le ridicule ! » me direz-vous. En effet, ce peut être ridicule mais en appelant les potentiels adhérents aux luttes menés contre la politique de la bourgeoisie, je fais surtout appel aux organisations*3 politiques et syndicales (les organisations de masses), qui se sont engagés dans le travail de conscientisation et de soulèvements des masses. Je fais appel à leur bon sens dans l’esprit du marxisme-léninisme pour qu’elles se tournent vers tous les milieux de la société, dans les écoles, les quartiers populaires, les usines et partout ailleurs où naît une lueur d’espoir. Ainsi, le devoir d’information/diffusion (propagande) et le travail d’échanges d’idées dans le cadre de débats contradictoires ne devraient pas connaître de limites prédéfinies suivant des préjugés vicieux qu’il est bon de laisser aux « gauchistes ».

 

Reste la question des enfants de prolétaires qui ont su ouvrir les portes des universités, longtemps restées inaccessibles*5, avec une conviction pure et une détermination indéniable. N’oublions pas que dans leur grande majorité, beaucoup suivent des parcours professionnels qui limitent très tôt leur scolarité. Ils se voient ainsi dans l’obligation de travailler très jeunes.

Concernant l’enseignement supérieur, on compte au jour d’aujourd’hui des personnes qui viennent à abandonner leurs études pour conditions matérielles inadaptées (insuffisance financière).  C’est une des causes de leur présence dans les facs dans des proportions plus ou moins faible ; quand bien même un certain nombre d’entre eux sont contraints par la force des choses de fournir une activité professionnelle épuisante en dehors du temps consacré aux études pour combler le manque, ou concrètement : subvenir à leur besoins vitaux et/ou pédagogiques*7. Ceux-là seraient donc « semi-prolétaires » et sans aucun doute surexploités car occupant des postes faiblement rémunérés (Cf. fast-foods). 

Bref, ces enfants de « prolos » (cette expression me rappelle combien Bernard Thibaud plait à se présenter médiatiquement comme « fils de prolos » : ironie ou bonne foi ?), si l’on se réfère au clichés, n’intègrent que les classes des filières jugées « faciles » et à la portée de tout un chacun. Il s’agit notamment de la : sociologie, psychologie, etc. Cette approche manifestement erronée et propre aux bourgeois exclut les classes socialement inférieures des autres domaines, au moins dans son esprit. Malgré la sous-estime des « grands gens » les enfants des milieux défavorisés parviennent tant bien que mal à atteindre parfois des niveaux considérables dans l’échelle sociale. Là n’est pas la question.

Pour en revenir aux études en droit, lesdits enfants de prolos conscients de la misère en général optent pour cette voie dans le dessein de combattre par les moyens légaux tout ce qui ressort de l’injustice, et ce dans toutes les branches du droit. Néanmoins, il serait hypocrite de ne pas évoquer l’attachement à l’honneur*1 (élément abstrait qui permet la « glorification »*2 d’une personne ou d’un groupe de personne auquel elle est rattachée) ainsi qu’à l’espérance d’une vie meilleure, d’un avenir radieux concrétisé par des revenus abondants. On ne peut plus vraisemblable car les métiers du Droit présentent un appât financier aux yeux de ceux qui se lancent dans cette voie.

On pourrait dire aussi que c’est la ligne suivi selon la volonté des parents qui s’exprimeraient ainsi : « Va mon enfant, ne connais pas les mêmes difficultés que nous dans la vie. » Hélas, malheureux, si l’on pouvait s’en sortir par les études il y a quelques décennies, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Le contexte socio-économique est tel que la priorité ne doit plus être la recherche en vain de solutions individualistes de dernier recours, mais la défense et la contre-offensive (flux et reflux) face à des gouvernements de plus en plus réactionnaires oeuvrant comme toujours au service du patronat.

Tenant compte du climat hostile qui règne dans le monde et notamment entre les puissances économiques (les impérialismes), nous ne pouvons que combattre internationalement et sans relâche le capitalisme pour une vie meilleure sous un régime communiste dans lequel la paix est sans limites.

Certes, nous avons besoin nous autres du droit bourgeois tant que celui-ci nous permet de mener des offensives internes en usant de la loi à plus forte raison. Pour ainsi dire, nous ne pouvons manquer dans nos rangs de praticiens du droit dévoués à la cause prolétarienne.

Je ne dis pas que les études supérieures sont entreprises et poussées en vain. Je n’ai de toute manière aucune légitimité pour le faire.

Par ailleurs, je n’ai nul besoin de dire que les enfants de prolétaires sont bien pour la plupart ceux qui livrent toute leur force, de par leur bonne volonté, quant à la construction d’un mouvement ou pour la continuité de celui-ci lorsqu’il est engagé. J’entends bien pour la plupart car quoiqu’il en soit, beaucoup ont assimilés les pensées bourgeoises et de surcroît petites bourgeoises pour se les approprier tant bien que mal.

Nul ne tient à se distinguer ouvertement lorsqu’on intègre un tel milieu.

 

5- Un devoir sérieux et permanent : la logique révolutionnaire

 

Ainsi et pour finir, les étudiants (-es) justement organisés (-es)*6 ont le devoir de rassembler au sein des universités tous ceux et toutes celles qui se disent prêt à combattre les injustices sociales ainsi que la marche constante vers la destruction des droit et garanties sociales programmée à l’échelle mondiale et dans le seul but de satisfaire les profiteurs du capitalisme, les capitalistes eux-mêmes.

Outre les intéressés, ils [les organisés] ne peuvent que continuer à démarcher (idéologiquement) les indécis même dans les facs de droits. Ils doivent donc se diriger du côté du prolétariat et de la petite bourgeoisie « consentante » : pour éviter toute désillusion à court terme !

La marche pour « l’éveil  idéologique » est une longue marche. Il faut donc aller au devant de toutes difficultés et en premier lieu, au devant des plus grandes.

Soyez prêts camarades et tenez bon ! Soyons prêts et répondons !

 

Finalement en quoi se résume cette étude sur les conditions des étudiants en droit et l’approche qu’ils ont de la grève ?

Elle se résume en ceci : les luttes sociales et politiques, devant être menées avec abnégation, doivent cependant être conduites sur une ligne de masse. Il faut donc déterminer les composantes de classes, les positionner analytiquement dans le contexte actuel, pour pouvoir définir celles susceptibles de se rallier à la cause. Pour ce faire, l’on doit se rapprocher des masses, être là où elles sont sans négliger un quartier même si ce dernier est réputé être un des fiefs du conservatisme.

 

 

Notes :

 

* : Ici et dans l’ensemble du texte, le mot bourgeois est employé au sens marxiste-léniniste du terme.

*1 : L’honneur et la fierté ne sont pas des caractères honteux ou susceptibles de trahir une détermination révolutionnaire, dans un sens objectif. A condition toutefois qu’ils ne prennent une tournure néfaste.

*2 : Ici le sens du terme glorification s’entend par l’élévation d’un fait ou d’un statut dans le seul but de créer ou affermir des contradictions existantes au sein du peuple et des classes, à proprement parler. Il s’agit donc de la glorification bourgeoise admise dans l’esprit des masses laborieuses.

Nous ne pouvons changer les idées, traditions, coutumes, moeurs avant d’avoir transformé, dans la voie du socialisme, le mode de production capitaliste (infrastructure) et corrélativement celui de la reproduction sociale, voire même longtemps après. A noter que : l’idéologie dominante, donc celles des classes dominantes, puise sa source au sein même du système de production à un moment donné de l’histoire.

*3 : Je me suis volontairement abstenu de traiter la question du Parti dans cet article. Par ailleurs, le PCF ne remplissant guère son rôle avant-gardiste et dénaturant de fait l’esprit révolutionnaire je n’y fait point allusion.

*4 : La liberté ainsi évoquée n’a aucun rapport avec la liberté telle qu’on l’entend. Il s’agit là du mot d’ordre des anti-grévistes.

*5 : Globalement les études supérieures sont longtemps restées un privilège souvent mis au second plan par rapport au travail, au regard du prolétariat. Nous remontons à quelques décennies en arrières, abstraction faite de quelques personnalités qualifiées qui furent diplômées aux époques considérées. Aujourd’hui en France, l’accès aux universités de même que la poursuite des études pour les plus défavorisés ou autres sont constamment remis en cause, et ce en conformité à la politique de l’éducation imposée par l’Union Européenne (ex : réforme LMD-ECTS).

*6 : En sont inexorablement exclus les social-traîtres, constamment en quête d’avantages tirés à des fins opportunistes.

*7 : Les bourses de l’enseignement supérieur attribuées par l’Etat au titre d’aide sociale (bourses sur critères sociaux) ne suffisent nullement à couvrir, dans la plupart des cas, l’ensemble des charges incombant à l’étudiant qui de fait se trouve confronté à la précarité.

*8 : Friedrich Engels, Ludwig Feuerbach et la fin de la philosophie classique allemande, Editions sociales, 1966, p 76.

 

 

Devrim Güney

Par Un étudiant
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